Education nationale: Interdiction d’enseigner pour 171 écoles privées ?
Les actualités de ces derniers jours étant entièrement concentrées sur l’évasion bien élaborée de Claudine Razaimamonjy, un autre fait d’actualité, dont les conséquences s’avèrent être alarmantes a failli être laissé aux oubliettes. Il s’agit du cas de l’Ecole privée la Croyance.
Pour rappel, cette école privée a été le centre d’attention de nombreux observateurs à la suite du lynchage fait par une institutrice à l’égard de l’un de ses élèves. Conséquences : interdiction d’enseigner pour l’enseignante concernée et fermeture de l’établissement scolaire privé. Les avis divergent concernant les mesures prises. Si certains l’estiment comme une sanction bien adaptée, d’autre en revanche considèrent cette sanction comme quelque peu démesurée. Quoi qu’il en soit, l’école fermera à la fin de l’année scolaire ! Une mesure qui entraînera dans son sillage, la fermeture de cent soixante-onze écoles privées. Selon les raisons évoquées par le ministère de l’éducation nationale, cette fermeture généralisée serait justifiée par de nombreux motifs. Citons entre autres, l’absence d’autorisation d’ouverture, l’état de délabrement des salles de classe ou encore des professeurs ne disposant pas des diplômes requis. Bien que cette mesure semble aller dans le bon sens, on est en droit de se demander comment est-ce que ces établissements ont-ils eu la possibilité d’exercer pendant tout ce temps sans n’être aucunement inquiété ? N’est-ce pas le ministère lui-même qui délivre les autorisations d’ouverture ? Pour ce qui est de l’état de délabrement, ce ministère pense-t-il que les toutes les écoles publiques sont dans les normes en matière d’infrastructure ? Quels sont les diplômes nécessaires pour pouvoir exercer dans le corps enseignant ? Si les justifications de cette décision laissent à désirer, c’est l’éducation nationale elle-même qui risque d’en pâtir.
Certes, le respect des normes est indispensable en termes d’éducation. Il n’en demeure pas moins qu’aucune norme n’est respectée en ce qui concerne les écoles publiques. Si la fermeture est effectivement la solution adéquate, qu’adviendra-t-il de tous ces élèves qui devront alors passer des examens d’entrée pour trouver une école à la hauteur. Faut-il rappeler aux fonctionnaires dudit ministère que si les parents choisissent d’inscrire leurs enfants dans les établissements privés, c’est parce que la formation acquise au sein des établissements publics est d’un niveau lamentable. N’est-il pas temps de réformer pour de bon le système éducatif malgache ? Si le principal problème était le non-respect des normes des écoles privées, là encore, tout porte à croire que l’autorisation d’exercer de certaines écoles privées a été conditionnée par des pots-de-vin ou autre dessous-de-table de la part des fonctionnaires de ce ministère ? Malheureusement, ce paiement ne sera jamais remboursé, et pire encore l’école sera frappée d’une fermeture d’ici la fin de l’année, le délai accordé par le ministère pour « régulariser » la situation.
Depuis de nombreuses décennies, tout le monde sait que le système éducatif est loin d’être la priorité des dirigeants. Aurait-il vraiment fallu voir un élève se faire passer à tabac pour prendre des mesures (incohérentes) ? Pour en revenir à d’autres faits d’actualité et par souci de normalité, peut-être qu’un grand nombre d’auxiliaires de justice, d’agents de police, et plus généralement de fonctionnaires cesseront immédiatement d’exercer.
Johan R.