Sûreté aéroportuaire : récriminations contre SAMADA
Après les douaniers, c’est au tour des usagers de se plaindre de la société de sûreté aéroportuaire SAMADA. Cette fois-ci, c’est un opérateur du nom de Jacques Rabarijaona se disant intervenant dans le secteur du tourisme et des transports aériens en tant qu’exploitant d’avions légers, qui se pose notamment des questions sur cette société.
Dans une lettre adressée à James Andrianalisoa, au DG de l’ACM dont copie a été transmise à la presse, le soi-disant opérateur présente notamment ses griefs contre cette société qui assure la sûreté aéroportuaire à Madagascar et l’ACM qui est la haute autorité de l’aviation civile à Madagascar. La traduction libre de ce mail en malgache insiste notamment sur 3 volets.
“I- Pourquoi l’ACM a-t-elle subitement changé les conditions d’octroi ou renouvellement d’une licence d’exploitation ou CTA en exigeant un Programme de sûreté? Quand notre avion atterrisse à Ivato, les agents de SAMADA accourent pour exiger la redevance et ne laisse même pas l’appareil redécoller si on ne s’acquitte pas de cette redevance sans qu’il y ait une quelconque intervention de leur part. Quand on se plaint auprès des agents de l’ACM à l’aéroport, ces derniers affirment que SAMADA assure la sûreté et en contrepartie elle perçoit la redevance. Si c’est ainsi, pourquoi ne pas demander à SAMADA d’établir le Programme de sûreté parce que nous nous acquittons de la redevance?”
“II- Sur un vol d’Air Madagascar à Antsiranana, quelle fut ma surprise en voyant embarquer un individu muni d’une arme à feu avec chargeur. Monsieur le Directeur Général, c’est extrêmement dangereux. Où est la sûreté établie par l’ACM et SAMADA pour laquelle nous payons la redevance? Quelles sont les mesures prises par l’ACM et SAMADA pour éviter cela? Pour parer uniquement de Diégo, il n’y a ni matériel de sûreté ni fouille des passagers alors pourquoi nous obliger à s’acquitter d’une redevance de sureté alors qu’aucun système de sûreté n’existe même pas. N’est-ce pas, monsieur le DG , un vol autorisé par l’ACM?”
“III- Ce qui se passe à Mahàjanga confirme l’escroquerie et le vol que vous perpétrez. Au fret, SAMADA fait semblant de faire un contrôle avant de prélever de l’argent. Ce qui étonne par ailleurs est que le ticket de redevance porte l’en tête de l’Aviation Civile de Madagascar. On se demande alors si SAMADA est une entité au sein de l’ACM ou si c’est le contraire. Où que l’on va, SAMADA décide de tout. Elle décide si vous pouvez entrer ou sortir, si l’avion peut décoller ou non, si votre cargaison au fret peut partir ou non. Elle fixe la redevance devant être acquittée. Quand on vient leur demander une explication, ils se contentent de répondre que c’est la sûreté et pourtant ils ne font rien. Ils disent que l’ACM est leur seul interlocuteur mais quand les passagers viennent voir l’ACM celle-ci demeure littéralement sans voix”.
L’opérateur dit avoir voulu discuter de ces doléances avec le DG de l’ACM et de ses techniciens, mais devant l’absence d’une quelconque réponse aux nombreuses demandes d’audience, il se trouve obligé de médiatiser ses griefs contre SAMADA et l’ACM. D’après les commentaires entendus dans le milieu, cet opérateur ne serait pas le seul à se plaindre de l’absence de toute discussion ou concertation avec M. Andrianalisoa.
On ne sait pas si après cette médiatisation, le DG de l’ACM daigne convoquer M. Rabarijaona. En attendant, ce dernier a profité de l’actualité pour critiquer l’ACM et son DG. La lettre dit notamment : “sur l’affaire Claudine, l’ACM osera-t-elle dire qu’elle n’est pas responsable alors qu’aucun avion n’atterrit ni décolle sans son autorisation? L’ACM osera-t-elle dire qu’elle n’était au courant de rien comme lors du retour d’exil de Marc Ravalomanana? En réalité le DG de l’ACM doit être le premier à faire l’objet d’une enquête en tant que dirigeant responsable de l’ACM qui délivre les autorisations de sortie. C’est comme nous-mêmes dirigeant responsable au sein de la compagnie: c’est nous qui subissons les enquêtes, pressions et autres brimades ainsi que les amendes de la part des enquêteurs de l’ACM en cas de défaillance”.
M. Rabarijaona n’est pas le seul à évoquer cette responsabilité mais comme tous les autres, il ne doit s’attendre à aucune suite.
Recueillis par Sa