Claudine Razaimamonjy: Son extradition est réclamée
Cette fois-ci, c’est l’ambassade américaine, la Transparency international, le KMF-CNOE et le parti Malagasy miara-miainga (MMM) qui sort de leur silence sur l’affaire Claudine Razaimamonjy. Si le MMM fait appel à la vigilance de la Communauté internationale pour éviter qu’elle ne soit perçue comme complice de la gouvernance actuelle qui privilégie l’impunité et le non-respect des lois, le KFM-CNOE dénonce une ingérence politique dans les affaires de la Justice et s’interroge sur le principe d’égalité. L’exemple que donnent les dirigeants aux citoyens a aussi été pointé du doigt par Hajo Andrianainarivelo.
Transparency international-Initiative Madagascar a aussi affirmé son opinion sur l’affaire inculpant Claudine R. dans la corruption. Son communiqué l’affirme ainsi :
« Alarmée par le non-respect de la séparation des pouvoirs entre l’organe législatif, exécutif et judiciaire ainsi que par la violation du principe d’indépendance des institutions de lutte contre la corruption et de contrôle de l’Etat, Transparency International – Initiative Madagascar :
• Rappelle que le BIANCO et le SAMIFIN sont des institutions indépendantes mises en place pour garantir l’Etat de droit et la lutte contre la corruption à Madagascar ;
• Dénonce les accusations et les intimidations proférées contre le Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO) par voie de presse ou autres, qui vont à l’encontre de la garantie d’indépendance de son mandat ;
• Dénonce l’immixtion du pouvoir exécutif, du pouvoir législatif et d’autres personnalités dans les travaux menés par le BIANCO et les magistrats en charge de cette affaire ;
• Rappelle que personne n’est au-dessus de la Loi et que celle-ci doit être appliquée pour tous. Et aucun citoyen ne peut, ni ne doit échapper, de quelque manière que ce soit, à l’application de la loi ;
• Rejette avec la plus grande rigueur la culture d’impunité qui conduit à la perte de confiance du peuple malgache envers le système judiciaire, et qui favorise le recours de plus en plus fréquent à la vindicte populaire »
L’ambassade des Etats-Unis quant à lui demande l’extradition de Claudine, opinion qu’elle partage avec le MMM. L’ambassadeur des Etats-Unis à Madagascar, Yamate affirme que son extradition lui permettra de présenter sa défense et respecter les procédures, étape par étape. Il a tout de même souligné que les Etats-Unis ne sont pas directement concernés par l’affaire mais la surveillent de près. Quoi qu’il en soit, c’est de la responsabilité de Claudine Razaimamonjy de revenir après son traitement à l’étranger afin que les enquêtes puissent poursuivre. Lors de l’interview, Robert T. Yamate a présenté son soutien et encourage le Bianco dans sa mission.
Mais ce qui étonne, c’est le retard de la déclaration du syndicat des magistrats allant dans ce sens. C’est hier vers 18h, soit largement après celle du MMM, de l’ambassade des Etats-Unis, de Transparency international-Initiative Madagascar et du KMF-CNOE. Au moins ces entités sont avec Madagascar dans l’application de l’Etat de droit ou doit-on dire la résurrection de l’Etat de droit ?
Annie N.