ACM : faut-il sauver le soldat James ?

James Andrianalisoa figure-t-il parmi les personnes figurant sur la liste du BIANCO ? Après Claudine Razaimamonjy, ce conseiller spécial du chef de l’Etat et à la fois DG de l’ACM (aviation civile de Madagascar) a été trop maintes fois cité dans des affaires pour qu’il puisse échapper à une enquête de l’organisme anti-corruption.

En juin 2015, le personnel d’Air Madagascar s’était mis en grève pour revendiquer, entre autres, son limogeage de son poste de DG de l’ACM. A tort ou à raison, on l’accusait de manœuvrer en faveur de la disparition de la compagnie nationale aérienne. Lui et les autres étaient alors surnommés les fossoyeurs d’Air Madagascar.

Le surnom serait d’autant plus significatif que l’octroi de droits de trafics aux compagnies étrangères sur Madagascar se faisait comme des petits pains. Mardi dernier, notre article rapportant les avis des économistes en transport aérien sur la situation d’Air Madagascar, confirme d’ailleurs cette braderie légale. « Les mêmes spécialistes déplorent par ailleurs la dernière décision du DG de l’ACM (aviation civile de Madagascar), James Andrianalisoa,   d’accorder à Corsair le droit de trafic entre la  Réunion et Antananarivo, concurrençant directement Air Madagascar que l’offre du pavillon français avec Air Austral est déjà largement supérieure à celle du pavillon malgache sur cet axe. Cela n’apportera pas plus de touristes, souligne-t-on. Le seul bénéficiaire est Corsair qui pourra offrir un vol Paris/Réunion/ Tanà et commercialiser le Réunion/Tanà.  C’est le genre de décision qui a tué Air Madagascar à petit feu, ajoute-t-on comme pour dire qu’Air Austral n’a aucune raison d’intégrer Air Madagascar », lit-on notamment. Une remarque qui manifestement condamne une décision prise au moment où un processus de recherche d’un partenaire stratégique pour la compagnie nationale était non seulement engagé, mais aussi et surtout bien avancé.

On ne veut plus parler des péripéties et mensonges éhontés sur l’annexe. La sortie de cette sanction européenne devrait nous inciter à ne plus remuer le passé. Il n’empêche que le chef de l’Etat est gêné par ce conseiller spécial contre lequel une plainte existerait au SAMIFIN et au BIANCO. La copie de la plainte que nous avons reçue en septembre de l’année dernière, reproche à M. James Andrianalisoa de faire des transferts d’argent vers sa société basée à Paris et dénommée Aero Safety & Environ-

ment Consulting (AS&EC) comptes sont mis sous « la clause de confidentialité », c’est-à-dire non accessible au grand public contrairement à la plupart des sociétés françaises. Les comptes de ces dernières années sont sous cette clause. Pourquoi ?

En tout cas, l’importance capitale de sa fonction en tant que patron de l’aviation civile et à la fois conseiller spécial du chef de l’Etat, ne pourrait être compatible avec cette clause de confidentialité, le leitmotiv de la transparence prôné par le régime aidant. Le moment étant venu, les comptes du dernier exercice de AS&EC ne devrait plus être mis au secret. Cette démarche laverait à jamais James Andrianalisoa malgré toutes les critiques qu’on lui a faites. Cela sauverait aussi le soldat Rajaonarimampianina qui a un lourd fardeau tout autour de lui.

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