Or de Madagascar : coincé dans l’informel

Majoritairement artisanale et informelle. C’est ce qu’on peut, pour le moment, décrire l’exploitation de l’or à Madagascar. Conséquence : pas de bénéfice pour le pays. L’Agence Nationale de l’Or, mise en place pour tenter de régir la filière, réunit depuis hier les acteurs du secteur. Marqué par les orpailleurs et leur outils artisanaux, seulement 1/10ème des cas sont formalisés pour le moment, selon les commentaires recueillis sur place. Et ce dès l’exploitation, en passant par la collecte et la commercialisation, et bien sûr jusqu’à l’exportation. Quoi qu’il en soit, 835 kg d’or ont été déclarés officiellement à l’exportation depuis le début de cette année. Un chiffre qui est encore bien loin de la réalité, avoue le ministre de tutelle. Certains parlent en effet de 2 tonnes par an qui sortent illicitement de Madagascar. Bref, malgré les efforts entrepris par l’ANOR, le défi principal est encore de régulariser le cycle de la filière. D’un autre côté, les exploitants qui tentent, en vrai ou en façade, de se régulariser se plaignent du manque de communication sur les procédures de la carte d’exploitation. Comme l’affirme Rakotoarisaona, propriétaire d’une carrière à Ambatondrazaka. Par ailleurs, d’après le nombre de personnes visible sur les lieux de la réunion, plusieurs parties prenantes ont zappé la concertation. Ce qui reflète bien le caractère informel flagrant de cette activité. Certains acteurs ont tout de même répondu présent. Les petits exploitants sont souvent incités à se régulariser tandis que les gros trafiquants, aptes à faire sortir la marchandise, échappent au filet.

Nomena E.

Ajouter un Commentaire