Trouble psychique: Une maladie qui peut être soignée

Dans les pays développés, la solitude peut provoquer un trouble psychique. Dans les pays à faible revenu, les maladies mentales sont responsables de 12 % de la charge de morbidité globale chez les adultes de 15 à 44 ans. La dépression chronique (dysthymie), qui semble avoir des liens avec les stress durables, pourrait être un mode d’adaptation des Malgaches (“impuissance apprise”) à l’oppression sociopolitique chronique et aux frustrations permanentes dues à la pauvreté. Les données épidémiologiques et cliniques sur les troubles psychiatriques provenant de Madagascar sont rares, surtout celles issues des provinces côtières. La récurrence des troubles dépressifs paraît faible (26,5 % des cas), mais il est difficile de conclure car, en cas de rechute, beaucoup de malades se traitent avec les mêmes médicaments que ceux de l’épisode précédent, ce qui diminue le taux de réhospitalisation. Par expérience, un traitement pharmacologique suffisamment prolongé, associé au bon soutien familial, peut considérablement prévenir les rechutes, d’autant plus que 56% des cas de dépression seraient réactionnels, donc sensibles au soutien psychologique. Seule la capitale Antananarivo dispose d’un hôpital psychiatrique individualisé. Malgré les difficultés économiques, peu de familles rejettent leurs proches malades. La mise en place d’une politique médicamenteuse plus adéquate (approvisionnement de neuroleptiques retard) améliorerait encore plus leur réintégration socio-familiale. Malgré leur grande fréquence dans la réalité quotidienne, les toxicomanies (drogues, alcool), ainsi que les troubles anxieux sont peu visibles. Une enquête épidémiologique récente au niveau de la population est venue compléter cette étude clinique, qui doit néanmoins être répliquée dans d’autres régions pour être représentative de toute l’île.

Nandrianina