Montée de l’insécurité: Les déclarations officielles ne suffisent pas !
«Nous allons sanctionner sévèrement les meurtriers et agresseurs des frères capucins ! ». Ce n’est pas pour la première fois que le premier ministre a lancé une telle déclaration. Certes, des présumés meurtriers ont été déjà arrêtés sur cette affaire qui s’est passée à Antsohihy samedi dernier, mais qu’en est-il des auteurs du dernier trafic de bois de rose ? Le premier ministre a juré ses grands dieux que le gouvernement allait jouer la transparence sur cette affaire et que des sanctions tomberaient. Et elles seraient très lourdes. Où en est-on avec cette affaire ? Apparemment, nulle part ! Depuis plusieurs semaines, le public n’a plus été informé de la suite de l’enquête. La transparence promise par le premier ministre n’est donc pas une réalité. Qu’en sera-t-il avec le meurtre et les agressions contre des frères capucins ? Il faudra attendre pour voir. Sinon, les déclarations officielles telles celles du premier ministre ne peuvent pas résoudre les problèmes d’insécurité de plus en plus exacerbés. Ces questions d’insécurité sont suffisamment ancrées et même banalisées dans la société pour réclamer des stratégies vigoureuses, innovantes et efficaces. Les opérations militaires ne donnent plus des résultats probants. Les incessantes déclarations pour la lutte contre la corruption non plus.
Il en est de même pour le traitement opaque des affaires illicites, tels les trafics de bois de rose et d’or ou encore de tortues, les détournements de deniers publics, l’implication même de certaines autorités dans des affaires louches… Comme quoi, l’insécurité exige de nouvelles stratégies et non plus ces actions éculées combinées avec le manque de volonté des autorités à changer la donne. A titre de rappel, la dernière enquête Afrobaromètre (le réseau indépendant des chercheurs en Afrique) sur la sécurité et qui date de 2013, souligne que près de 1 Malagasy sur 2 a déclaré avoir eu peur d’être agressé à son domicile. Et l’enquête de préciser : « Ce sentiment d’insécurité a fortement augmenté de 2005 à 2013. En effet, la proportion de la population craignant d’être agressée à leur domicile était de 28% en 2005, 29% en 2008 et est de 45% en 2013. Ce sentiment d’insécurité est d’autant plus grand en élargissant la délimitation géographique de l’échelle du domicile à l’échelle du quartier ou village. En effet, si 45% des Malgaches ont peur d’être agressés à leur domicile, ils sont près de 54% à ne pas se sentir en sécurité dans leur quartier/village. Cette situation est plus marquée en milieu urbain où 60% de la population éprouve un sentiment d’insécurité dans leur propre quartier/village».
Depuis 2013 pourtant, la situation a beaucoup changé et est accompagnée de vindictes populaires, de violences inimaginables et barbares et dernièrement de kidnapping. Des quartiers réputés calmes depuis de nombreuses décennies sont désormais devenus des zones rouges comme tant d’autres, notamment dans la capitale. Comme quoi, l’insécurité règne mais les dirigeants, bien entourés de garde de corps, se la coulent douce.
Fanjanarivo