Fonctionnaires: La corruption au quotidien !

Jamais dans le pays, aucun concours comme celui pour le recrutement des agents douaniers n’a aussi traîné et soulevé autant de vagues. Depuis juillet de l’année dernière, les concours pour les inspecteurs, contrôleurs et agents de constatation des douanes ont été d’abord perturbés pour des rumeurs de fuites de sujets. Puis, les épreuves d’admissibilité ont été reportées de plusieurs mois. Et aujourd’hui, les résultats tardent à sortir. Il n’empêche.

Des candidats jubilent déjà en annonçant à qui veulent l’entendre qu’ils ont réussi au concours. Certains ont même commencé le traditionnel arrossage, nous rapporte-t-on scandalisé. On parle notamment d’un proche du DG des douanes, d’un membre de la Communication du même département et des tutelles des concours.

Nos sources qui requièrent l’anonymat, disent agir en vue d’avertir les responsables concernés sur les conséquences éventuelles de ces anomalies. « Si ces personnes sont recrutées pour leur mérite, personne ne pourra rien dire mais des doutes planent forcément quand certains jubilent avant même que les résultats officiels soient publiés ».

Nos sources sont d’autant plus inquiètes que « d’après les responsables concernés, la publication des résultats nécessiterait encore la signature du ministère de la Fonction publique ». Est-ce à dire que ministre Maharanty a des objections sur la liste à lui soumettre ? Sinon, les traditionnels « pistoneros » qui étaient bloqués par les balises posées par le ministère des Finances et le Bianco se sont tournés vers le ministère de la Fonction publique qui est notoirement reconnue comme la porte d’entrée par excellence pour les « pistonés » ?

En tout cas, cette situation au niveau des douanes confirment la gangrène qui affecte l’Administration mais aussi la société malgache : la corruption à grande échelle à cause de laquelle tous les concours administratifs de quelle nature qu’elle soit se monnaie à prix fort. Les prix d’entrée sont proportionnels à l’importance des « retours sur investissements », comme on dit.

La magistrature est la plus côtée non pas vraiment parce qu’il faut être bac+5 avant de passer le concours pour l’Ecole qui prend 2 autres années. Fraîchement formé, le jeune magistrat a littéralement droit de vie et de mort sur ses concitoyens. Et comme la peine de mort n’existe plus chez nous, il a le pouvoir sur la vie. Bref, le principe criminel de « la bourse ou la vie » étant, le métier de magistrat est le premier de la fonction publique à être convoité pour sa capacité à générer de la richesse.

Viennent ensuite les auxiliaires de ce pouvoir, les officiers de police judiciaire dont principalement ceux de la Gendarmerie et de la Police nationale. Que la plainte vienne d’une haute autorité ou que l’enquête soit ordonnée par le parquet ; une affaire peut être arrêtée au niveau de la police chargée de l’enquête.

Il en est également du concours à l’Enam qui sélectionne la crème de l’Administration malgache. Au sein même de cette institution, les tickets d’entrée seraient liés à la filière. Aux possibilités de carrière notamment dont la diplomatie qui promet des postes juteux à l’extérieur (à condition de bénéficier d’un appui solide en haut lieu), les administrations financières, le commissariat au commerce étant le moins convoité à cause de la libéralisation même si la fonction intéresse encore des centaines de jeunes.

A la troisième marche du podium de ce palmarès du « retour sur investissement » ou disons carrément de la corruption, se trouvent les métiers liés à la douane. On pense que ce métier est enrichissant dans le plein sens du terme. Non pas parce que les salaires sont élevés ni les primes d’amendes conséquentes, mais plutôt parce que chaque opération de dédouanement est source de revenus qui en pourboires qui en rétribution pour service rendu s’appelle communément corruption.

On ne sait pas la suite du classement, mais les difficultés de la vie et notamment le chômage, font que la corruption est devenue inséparable de tout concours administratif. On profite de l’actualité des concours des douanes qui survient en pleine effervescence créé par l’affaire Claudine pour en parler pour dire qu’en plus de l’éclat que les affaires en haut lieu provoque, le pays a un grand travail à faire au niveau de l’administration, notamment le recrutement de ses agents pour espérer faire changer les choses.

Au rythme où vont les recrutements au niveau de l’Administration, on ne devrait donc pas s’étonner de la corruption sans laquelle le petit fonctionnaire n’aurait pu intégrer la fonction publique et rembourser son ticket d’entrée. Doit-on s’en étonner ?

Sa

Commentaires

+1 #1 Masomahita 30-04-2017 14:15
Et le comble dans cette histoire c’est que le Bianco ne fait rien, que de la poudre aux yeux… on signe un partenariat par-ci par-là mais depuis sa création le Bianco n’a jamais pu attraper le moindre corrompu alors qu’ils ne se cachent, il suffit de regarder dans la liste des admis le nom de leur paternité, tous des fils de….

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