Dialogue politique: Et quoi d’autres ?
S’il y a une certitude à propos du régime actuel, c’est que les conférences, les séminaires, les sommets et les visites officielles ne manquent pas.
Si ces différentes rencontres sont censées apporter des résultats concrets, force est de constater qu’à Madagascar, ils servent plus à dépenser l’argent qu’à autre chose. Pour ne pas faillir à cette (sale) habitude, tous les responsables de l’Etat étaient à Diégo, pour participer au Dialogue Politique avec l’Union Européenne. Cela va sans dire qu’il s’agit d’une nouvelle opportunité pour ces têtes dirigeantes de se remplir les poches.
Avant le début de ce dialogue politique, de nombreuses questions se posaient déjà, mais la plus importante restera : à qui cela va-t-il réellement profiter ? Surtout qu’arrivé à son terme, ce dialogue s’est terminé par la signature de 4 accords de financement entre l’Etat malgache et l’Union Européenne. C’est ainsi que cinquante millions d’Euros seront attribués au programme AFAFI-Nord, quarante millions au programme RINDRA. Trente autre millions d’euros seront octroyés en guise d’appui budgétaire pour l’exercice 2017 et deux millions d’euros pour faciliter la coopération technique. Rien de surprenant dans la mesure où cent vingt deux millions d’euros ont déjà été prévus dans le cadre du Programme Indicatif National.
A en croire cette somme faramineuse qui est accordée par l’Union Européenne, Madagascar devrait avoir les moyens pour se sortir du gouffre économique et financier dans lequel il se trouve à l’heure actuelle. Par ailleurs, si un tel montant est accordé, l’on peut vite conclure, même si le chef d’Etat refuse de l’admettre, que le pays vit actuellement dans une misère indescriptible.
Or, dans son allocution, le président Hery Rajaonarimampianina a anoncé un projet d’extention de l’aéroport à Andrakaka. Selon ses dires, le Chine serait déjà prête pour financer les travaux. Une intervention qui n’a évidemment rien à voir avec le dialogue politique avec l’Union Européenne. Une question se pose donc, celle de savoir si l’Etat malgache dispose réellement d’argent pour réaliser la construction de ces infrastructures. Ou alors quelles contreparties devront être données au Chinois pour la réalisation de ce projet ?
Quoi qu’il en soit, on peut être sûr que les dirigeants actuels seraientt prêts à faire n’importe quoi pour obtenir un minimum de fonds pour réaliser leurs projets (personnels). De toute évidence, l’expérience Claudine Razaimamonjy ne leur a pas servi de leçon : ils en voudront toujours plus.
Johan R.