Barré par le sénateur de fer: Le contrôle de Claudine empêché à l’ HJRA !
Alors que la tension s’était quelque peu atténuée après le retour de Maurice de Claudine Razaimamonjy, les commentaires mêlés de revendications risquent de s’enflammer de nouveau après la tentative avortée des autorités judiciaires de contrôler si oui ou non la conseillère spéciale du chef de l’Etat est hospitalisée à la HJRA.
C’était dimanche soir après que des rumeurs persistantes aient, durant les jours précédents, annoncé l’absence de l’inculpée au complexe hospitalier d’Anosy. Pour ne pas prendre l’allure d’un harcèlement auquel les pro-Claudine assimilent d’ailleurs les enquêtes et les récriminations des hommes de loi, le parquet a pris soin d’établir un ordre de mission de contrôler non nommément Claudine Razaimamonjy, mais tous les détenus en traitement médical à l’hôpital JRA. Muni d’une autorisation en bonne et en due forme du procureur, du directeur de l’hôpital et de l’administration pénitentiaire, la délégation conduite par un substitut du procureur a d’abord constaté sur le registre de l’hôpital la présence de 2 détenus parmi ses patients.
La visite a d’abord permis de constater de visu la présence d’un détenu hospitalier. Mais quand vient le tour de visiter la chambre de qui l’on sait, le sénateur Riana Andriamandavy VII a littéralement bloqué d’une main de fer la délégation judiciaire. Impossible donc de savoir si oui ou non Mme Razaimamonjy est hospitalisée à l’HJRA à cause de l’empêchement initié par le sénateur qui n’est pas à un premier acte répréhensible dans cette affaire.
Après que le Bianco ait dénoncé le refus à deux reprises de Claudine Razaimamonjy de répondre à la convocation du BIANCO, Riana Andriamandavy avait demandé en pleine session du Sénat, le limogeage du DG du BIANCO à cause de cette affaire. L’auteur de la revendication dit avoir parlé au nom de la liberté d’expression. Ses collègues sénateurs lui rétorquent l’article 4 de la loi organique n°2015-007 régissant le sénat selon lequel « Il est interdit d’apporter directement des pétitions à la tribune du Sénat. Le Règlement Intérieur du Sénat fixera les conditions dans lesquelles les pétitions écrites pourront lui être présentées. Toute infraction aux dispositions des alinéas qui précèdent, toute provocation par des discours proférés publiquement ou par des écrits ou imprimés affichés ou distribués à un rassemblement sur la voie publique ayant pour objet la discussion, la rédaction ou l’apport au Sénat de pétitions, déclarations ou adresses, que la provocation ait été ou non suivie d’effet, sera punie d’un emprisonnement de quinze jours à six mois et d’un million d’Ariary d’amende. Il n’est en rien dérogé par les présentes dispositions aux textes en vigueur sur les attroupements ». Pour des collègues de Riana Randriamandavy VII, les propos de ce dernier ne sont ni plus ni moins qu’une pétition. Aucun parlementaire, le président du Sénat plus particulièrement qui est un juriste notoire, n’a réagi à ce moment-là pensant sans doute que l’affaire Claudine n’irait loin.
Quand le BIANCO s’est pourtant décidé à aller de l’avant, tout le monde a vu la réaction du sénateur en rameutant une foule devant le siège de l’organisme anti-corruption. Ecoeurés, les mêmes collègues sénateurs estiment que l’article cité ci-haut devrait être appliqué. Qui plus est, le cas de ce sénateur ancien membre fervent de la jeunesse Tim de Marc Ravalomanana puis ministre du Tourisme sous la transition d’Andry Rajaoelina avant d’occuper ce poste à la Chambre haute grâce à la nomination du président Rajaonarimampianina, est aggravé par ce blocage de dimanche soir qui d’après le SMM (syndicat des magistrats de Madagascar) est une obstruction à la justice, acte coupable de sanctions pénales.
Les yeux se tournent donc logiquement vers le palais d’Anosy que préside Honoré Rakotomanana. Si prompt à réagir contre Lylisson René pour « son appel à la ville morte », le Sénat est appelé aujourd’hui à se prononcer sur Riana Randriamandavy VII. Il y va de la crédibilité de cette institution dont le président est constitutionnellement appelé à remplacer le président de la République en cas d’absence de ce dernier (démission, empêchement ou vacance). Le Sénat qui est composé d’une écrasante majorité par des membres du HVM et de personnalités proches de Hery Rajaonarimampianina va-t-il soigner son image en confiant aux bons soins de la Justice Riana Andriamandavy VII comme il l’a fait pour le sénateur Lylisson ?
Toujours est-il que ce sujet risque de marquer la session qui commence ce jour. En filigrane, les mallettes et les 4×4 pourraient être les arguments décisifs sur l’affaire Claudine et la motion de censure contre le gouvernement. Deux sujets apparemment liés que les parlementaires tentent de manipuler pour faire de la surenchère pour leur légendaire mallette et obtenir enfin une voiture 4×4. Deux sujets contre lesquels « La Gazette » encourage le pouvoir à persévérer. A priori sur la bonne ligne de la lutte contre corruption, Hery Rajaonarimampianina peut convaincre et ramener à lui le plus grand nombre en montant d’abord qu’il ne fait pas deux poids deux mesures et que les actions soient par la suite suivies d’actions concrètes sans pour autant être forcément spectaculaires.
Salomon Ravelontsalama