Liberté d’expression: Quelles sont les contestations réprimables ?

A notre connaissance, toute réunion, tout regroupement de plusieurs personnes qui souhaitent exprimer leur avis était formellement interdit sur tout le territoire nationale malgache. D’ailleurs, les mesures de représailles sont très sévères à l’égard des récalcitrants. D’Ankatso à Ambohijatovo, en passant par Vontovorona, des mesures militaires répressives ont été adoptées contre toute forme de manifestations.

C’est dans ce contexte limitant toute forme de liberté d’expression que vit actuellement la majeure partie de la population malgache. Il ne s’agit en effet que d’une grande partie car, c’est avec un étonnement à peine voilé que nous avons constaté qu’il était en fait possible pour un petit nombre d’individus de s’exprimer. En effet, un groupe de personnes n’a fait face à aucunes représailles militaires alors qu’ils s’attroupent pour manifester leur mécontentement contre l’incarcération de Claudine Razaimamonjy. Encore une fois, il s’agit bien là, d’une autre preuve que les lois appliquées sur l’ensemble du territoire malgache ne sont pas les mêmes pour tous. Pour parler plus simplement, seuls ceux qui protègent les intérêts directs ou indirects du pouvoir en place peuvent manifester, contester et se réunir dans les lieux publics en toute tranquillité. De toute évidence, il ne menace aucunement la sûreté de l’Etat.

Pourtant lorsqu’on regarde le problème dans le fond, le bureau en charge de la lutte contre la corruption, le BIANCO, ne fait que son travail. Dans nos précédentes colonnes, nous avons ouvertement pointé du doigt le mutisme coupable du président de la République. A la vue de cette liberté d’attroupement, on comprend beaucoup mieux. Dans ce développement, digne des meilleures scènes d’actions hollywoodiennes, on serait amené à se demander, les ordres donnés aux forces de l’ordre auraient-ils été les mêmes si le fondement de cet attroupement revendiquait l’incarcération immédiate de la dite prévenue ? Sachant tout de même qu’il ne s’agirait de rien d’autre que de l’application d’une décision de justice. Mais pour qui sont faites les lois ? Comment le représentant d’une institution étatique peut-il tolérer, voire même inciter au non respect de l’application d’une décision de justice ? Sans explications satisfaisantes, l’on peut s’avancer à spéculer sur toutes les éventualités, principalement, celles qui sont axées sur le phénomène de la corruption.

Claudine Razaimamonjy était sur le coup d’une procédure judiciaire avant son évasion scénarisée qui l’a amené en direction de l’Île Maurice. C’est avec dépit qu’on constate actuellement que l’Etat ne fait rien pour respecter les lois. Attendrons-nous bien sagement la fin de leur règne pour leur faire payer les pots cassés ?

Johan R.

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