Edito: Ils auraient voulu…

Ils auraient voulu que le Bianco ne fasse pas son travail, ce pourquoi il existe, ce pourquoi le personnel est payé. Ils auraient voulu que la dame Claudine continue de trouver refuge à Iavoloha, que Claudine ne soit pas obligée de se cacher aujourd’hui on ne sait exactement où dans un hôtel à Fianarantsoa ou dans un hôpital à Antananarivo.

Ils auraient voulu que le juge d’instruction de la chaîne pénale anti-corruption une fois saisi du dossier dise que les charges contre la dame sont insuffisantes et qu’elle bénéficie d’une liberté provisoire.

Ils auraient voulu que la population n’ait rien vu, ils auraient voulu que les syndicats ne s’insurgent pas, ils auraient voulu que personne ne parle de cette femme.

Ils auraient voulu qu’elle puisse encore avoir les coudées franches pour ramener les mallettes et distribuer des sous à la veille d’une session parlementaire.

Ils auraient voulu que les organismes ne travaillent pas et qu’ils puissent continuer le ” verba” à savoir déclarer à tout va que ce régime condamne l’impunité et lutte effectivement contre la corruption – tant que ça ne touche pas leur proche-.

Ils auraient voulu continuer de considérer la population malgache comme étant des ignares et espérer que les partenaires techniques et financiers ferment indéfiniment leurs yeux sur leurs errements.

Ils auraient voulu que ce ne soit pas une affaire d’Etat et que l’attention de la population soit portée sur autre chose mais en même temps ils font des conférences de presse nocturne du ministre de la justice , un déplacement à l’hôpital du ministre de la santé et un communiqué du nouveau ministre de la communication.

Ils auraient voulu…

Mais si la fin n’est pas pour aujourd’hui pour elle, pour eux ; si le glas ne sonne pas aujourd’hui, il sonnera inévitablement car tout a une fin et s’ils veulent une fin plus prestigieuse ils ont complètement raté le coche…Probablement qu’aujourd’hui ils veulent que Claudine les oublie aussi et ne les embarque pas tous avec elle. Probablement qu’aujourd’hui, tout en s’énervant contre les chancelleries étrangères, ils songent déjà à l’endroit, à l’étranger, où ils vont inévitablement trouver refuge.

Ils auraient voulu pouvoir rester tranquilles à Madagascar une fois qu’ils ne seront plus au pouvoir, mais ils savent qu’ils devront quitter le pays comme leurs prédécesseurs pour des raisons qui leur sont propres.

Ils auraient voulu…ils n’ont pas pu, ils ne pourront plus.

Claude Rakelé

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