Police nationale: Forcer de nouveau le respect !
Moment solennel à l’Ecole nationale supérieure de la Police nationale à Ivato. C’était vendredi matin lors de la sortie de 19 nouveaux commissaires et 29 officiers où le cérémonial militaire aidant, l’émotion était vive au sein du public composé essentiellement des proches des nouveaux sortants, outre le chef de l’Etat et les grands manitous de la Police nationale conduits par le ministre de la Sécurité publique, Mamy Jean Jacques Andrianisa.
Parents et amis étaient fiers de leurs proches qui pour avoir réussi à gravir les échelons, qui pour avoir réussi à décrocher un emploi stable. Mais l’émotion s’explique aussi par l’inquiétude née de la situation des forces de l’ordre qui ne font plus peur et sont assimilés à des corrompus de premier ordre. « Mon père ferait-il de même que les petits policiers qui rackettent à longueur de journée les taxibe et autres épi-bars ?, se demandaient-t-on intérieurement tout en espérant vivement que ces nouveaux officiers de la Police nationale apportent effectivement la lumière pour leur corps, conformément à la dénomination de leur promotion : Fanilo.
Reliant la dénomination choisie par la promotion au thème de la célébration du 70ème anniversaire du 29 mars dernièrement placé sous le thème du « Fanilo », le président Rajaonarimampianina a souhaité d’ailleurs que les nouveaux officiers « illuminent la société par leurs actes ». Ainsi, il a exhorté le respect de l’éthique et la déontologie ainsi que de l’application de la loi. Exprimée auparavant par le ministre de la Police nationale, cette recommandation du « raimamndreny », qui a été d’ailleurs réitérée par les anciens dans chaque famille des sortants, sera-t-elle suivie à la lettre ?
Prenant leurs fonctions au moment où le pays semblent prendre enfin le chemin de la lutte contre la corruption et la restauration de l’Etat de droit, ces nouveaux officiers constitueront par leurs actes soit le sang neuf pour renouveler la crédibilité du corps de la Police nationale,soit la vermine de plus pour pourrir plus que jamais la situation. Dans la seconde hypothèse que personne ne souhaite réaliser, c’est une perte assurée d’avance que de recruter des nouveaux policiers et de renforcer les infrastructures et matériels pour la sécurité publique.
Le chef de l’Etat a notamment rappelé la création de 3 nouveaux commissariats et 7 nouveaux postes de police ont été installés depuis 2016 et l’augmentation des effectifs :un millier de nouveaux agents seront recrutés à partir du mois prochain tandis que 750 autres sont en cours de formation. Sous la houlette de leurs aînés dont notamment des nouveaux sortants, les futurs policiers sauront-ils forcer le respect que leurs patrons actuels se fixent comme objectif en luttant contre la corruption et en réinstaurer l’éthique et la déontologie ?
Sa