Économie malgache: Les enveloppes d’aides sont-elles vitales ?
Le plan Marshall de plus de 13 milliards de dollars injectés dans la reconstruction de l’Europe après la seconde guerre mondiale était une intervention ponctuelle qui a agi comme étant un stimulus pour relancer des économies, notamment celle de l’Allemagne. Alors, est-ce que l’économie malgache peut être aussi stimulée par les financements étrangers? L’aide n’est pas un moteur de croissance économique. Ainsi, l’économie malgache ne pourrait réaliser pleinement leur potentiel de croissance qu’en rompant avec le système de l’aide. D’ailleurs, l’aide dans sa nature et dans son esprit n’est pas destinée à être un moteur de croissance économique. D’où l’intérêt de créer une économie productive pour que les taxes collectées au niveau national sert à fournir des biens publics. Cette base solide de financement permettra d’ailleurs de mettre en accord les dépenses publiques avec les aspirations des populations, une sorte de restauration du pacte social. Car malheureusement, le modèle de l’aide crée un décalage entre l’État et les citoyens puisque l’argent gratuit ou pas cher de l’aide rend le gouvernement autonome financièrement et le dispense de la reddition des comptes, contrairement au cas où il dépend des recettes fiscales. Ainsi, un gouvernement devrait miser avant tout sur l’instauration d’un environnement sain, grâce à des règles favorables au secteur privé, recherche et développement, incubation technologique. Il importe également d’expliquer qu’il serait nécessaire d’instaurer un système financier solide qui facilite la mobilisation de financements abordables par le biais du marché des capitaux ou d’autres sortes de crédits. Après 57 ans d’indépendance, la décision de sevrage de l’aide doit être prise. L’avenir de Madagascar repose d’évidence sur le rejet de l’aide. La voie à suivre consiste donc à établir des priorités face aux défis existants plutôt que de multiplier les missions étrangères pour chercher des fonds. Jusqu’à l’heure actuelle, il n’y a pas de pays qui a connu une croissance économique importante et une réduction de la pauvreté grâce à l’aide. Madagascar ne peut être l’exception.
Malalanirina