Vol du bétail : Mada Omby accuse des gendarmes

«On nous a volés plus de cent têtes de bœufs », ainsi était le cri de la coopérative Mada Omby. La coopérative a son siège à Tsiroanomandidy, regroupant les acteurs de production, de vente et d’achat de bétail de l’île en approvisionnement de viande de la capitale. Le problème est survenu jeudi 4 mai quand la coopérative a refusé le rituel relatif au legs de 2 000 ariary par tête aux gendarmes, sur les 200 têtes à contrôler. Ce rituel existe depuis très longtemps où les approvisionneurs de bœufs de la capitale alloue une somme allant de 1 000, 2 000 ou 5 000 ariary par tête, dépendant du point de contrôle.

« Cette somme n’est pas réglementaire et on ne doit rien à ces agents de contrôle de la gendarmerie». Alloué à titre de droit, le montant n’est autre qu’une exploitation des producteurs qui, ne sont scolarisés qu’à peine à 80%, affirme Tahiry Sambehafa, président du Conseil d’administration (PCA) de Mada Omby. De plus, le transport du bétail est escorté par des militaires.

Ayant assez de cette pratique (40 millions d’ariary par mois versés aux gendarmes en moyenne), dans la soirée du jeudi 4 mai, les accompagnateurs du bétail ont refusé de payer les 400 000 ariary (2 000 ariary x 200 têtes). Ainsi, les gendarmes ont menacé ces derniers. Les menaces ne sont pas une chose nouvelle selon le PCA de la coopérative. Mais habituellement, il s’agit de mettre les bœufs en fourrière contrairement à ce qui s’est passé ce jour car la coopérative Mada Omby accuse que ce fut ces gendarmes qui ont donné des ordres aux « dahalo » d’aller dérober ces bœufs à Horimbato, district Morafenobe. Une affirmation qu’elle soutient en affirmant l’utilisation de kalachnikovs, armes habituellement utilisées par les forces de l’ordre et indentifiée par les militaires.

200 bœufs ont été transportés ce jour et pendant l’accrochage entre les « dahalo » et les militaires qui ont escorté le transport, plus de 100 ont été volés. Et jusqu’à ce jour, les propriétaires n’ont pas pu récupérer leurs biens. Ainsi, la coopérative demande à la gendarmerie nationale des prises de responsabilité concernant ce cas précis et félicite déjà la prise de décision ordonnant la cessation de la manœuvre car la somme soutirée aux contributeurs est extravagante en plus des 60 000 ariary pour les papiers. La coopérative annonce aussi son souhait de partenariat public-privé tout en étant prête à payer des indemnités aux gendarmes dans la patrouille si nécessité oblige.

On se demande ce qu’il en est alors des mesures contre la corruption que les autorités estiment devoir prendre ? Après l’affaire d’Antsakabary, les forces de l’ordre ou qui que ce soit avoir une autorité, agissent en toute impunité et les autorités compétentes croisent les bras face à cette situation. Il en est de même pour la corruption qui gagne du terrain à tous les niveaux. Et comme il a déjà été mentionné, ce n’est nullement la seule forme de la corruption commise par les forces de l’ordre.    

Annie N.

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