Pendant ce temps : le Grand Sud va mourir de faim !
Alors que dans la partie ouest de la Grande île où la population locale a une nouvelle fois fait part de son mécontentement suite à une nouvelle coupure de l’alimentation électrique, les commerçants de la commune d’Ivato sont toujours dans l’attente de la reconstruction du marché. Si ces situations rentrent dans le cadre de promesses présidentielles non tenues, c’est un cas particulièrement inquiétant qui a alarmé l’UNICEF. En effet, le Grand Sud subit actuellement une crise nutritionnelle sans précédent. En effet, la famine est à la porte de cette partie de Madagascar.
Si, à la veille de cette fin de mandat, plus rien ne doit être attendu par rapport à la réalisation des promesses présidentielles, il serait peut-être temps pour le régime actuel de faire preuve d’un minimum d’intérêt pour la population. Ici, il ne sera même plus question de délestages répétitifs, ni de la hausse imminente des tarifs de la JIRAMA et encore moins de celui des frais des transports, mais bien d’un cas dont dépend la vie de plusieurs milliers d’individus. Comme nous le savons et depuis fort longtemps dans ce pays, la région du sud souffre cruellement d’une insuffisance de pluies, avec une moyenne de cinq cents millilitres de pluies par an. Cette situation est telle qu’au cours des dernières décennies, de nombreuses levées de fonds ont été organisées pour venir en aide à ces laissés pour compte du Grand Sud. Pour cette année, selon un rapport publié par l’UNICEF, ce sont huit cent quarante mille personnes qui sont dans un besoin d’assistance humanitaire de toute urgence. Tandis que les tenants du pouvoir font tout leur possible pour couvrir les magouilles de l’une de ses proches, c’est la moitié de la population du district d’Amboasary qui souffre de malnutrition chronique. Certes, cet organisme des Nations Unies a fourni de gros efforts pour aider trois cent cinquante mille personnes, mais ce n’est que la moitié de la population pour qui la famine est menaçante.
Dans une situation pareille où l’humanisme est laissé à la poubelle, on est amené à se demander comment le chef d’Etat peut-il encore continuer de faire l’autruche ? L’on aurait cru avoir tout vu, après son silence remarquable dans l’affaire Claudine, mais là il s’agit d’un cas plus grave. Qu’est-ce qu’on attend du côté d’Ambotsirohitra et de Iavoloha pour prendre les mesures adéquates pour nourrir convenablement la population malgache ? Comment est-ce possible que la situation soit autant critique pour un pays qui n’a connu ni guerre ni terrorisme et encore moins d’envahisseurs ? Au cours de ce mandat, le régime HVM a connu un échec sur toute la ligne, il serait peut-être temps de s’en rendre compte.
Johan R.