Bien-être dans le pays : le prix du riz constitue le déterminant le plus important

En vue de lutter contre la fraude, la spéculation et la rétention des stocks destinés à la commercialisation du riz, le ministère de tutelle annonce qu’il va sévir. Mais au -delà de ces mesures administratives, d’autres facteurs de hausse méritent d’être pris en compte.

Dans ce cadre d’ailleurs, les informations publiées et qui restent toujours d’actualité, dans l’étude sur la formation des prix du riz local à Madagascar par Bart Minten et Lalaina Randriana-

rison, une étude qui a été réalisée dans le cadre du volet “Agriculture et pauvreté” du Programme Ilo mentionnent, entre autres, que le prix du riz constitue le déterminant le plus important du bien-être à Madagascar étant donné la place occupée par le riz dans le panier de consommation. Le prix du riz constitue aussi une variable non négligeable du point de vue décisionnel dans la mesure où il peut être influencé par des interventions gouvernementales. Toutefois, le manque de compréhension des mécanismes de formation des prix du riz empêche parfois la formulation de mesures de politique appropriées…

Plus, d’après la même étude, il est, surtout, fait état que la théorie économique suggère que les prix des produits agricoles augmentent à mesure qu’on s’approche des villes (Von Thünen, 1826 ; Ravallion, 1986)…Ainsi, le prix du riz augmente à mesure qu’elles sont proches de la capitale. Les différences de prix découlent des frais engendrés par le transport des produits des centres de production vers les centres de consommation.

Par ailleurs, il est indiqué que le mouvement saisonnier des prix est plus accentué pour les zones d’insécurité élevée étant donné que commerçants et propriétaires d’infrastructures de stockage font face à plus de risques par rapport aux agents établis dans les Communes les plus sûres. La venue de commerçants potentiels qui pourrait entraîner une revue des prix à la baisse et une diminution de l’amplitude de la variation saisonnière des prix, est aussi freinée par l’existence de l’insécurité. Autrement dit, les prix sont d’une manière significative plus élevés en période de récolte pour les Communes avec le plus d’insécurité. Les localités les plus en sûreté enregistrent des variations saisonnières des prix plus faibles.

En creusant davantage la situation, Bart Minten et Lalaina Randrianarison soulignent , notamment, que les commerçants achètent le riz pendant la période de récolte et le vendent en période de soudure. Pour ceux dotés de capacité de stockage, ils entreposent le riz dans des infrastructures situées le plus souvent dans leur ville de résidence. Ceci conduit à de plus fortes variations de prix dans les zones les plus éloignées des villes car les coûts de transport sont doublement inclus dans le prix du riz. Barrett (1996) a démontré la plus grande variabilité des prix pour les localités les plus éloignées des centres urbains. Il décrit un phénomène de changement des flux : les commerçants qui stockent le riz se trouvent habituellement dans les villes ; ils y stockent le riz qu’ils ont acheté à la récolte dans les zones productrices (en dehors des villes) et qu’ils revendent en période de soudure. Le riz est ainsi transporté deux fois sur la même distance. Les coûts ainsi encourus doivent être inclus dans le prix du riz au consommateur. Les Communes qui réalisent de bonnes récoltes de riz ont des prix moins élevés. Par contre, les localités touchées par des catastrophes naturelles, telles que cyclones, inondations, sècheresses et autres, accusent des prix du riz plus élevés.

Pour nos auteurs, les facteurs déterminants qui peuvent avoir une influence sur la formation des prix du riz à Madagascar comprennent le moment de la récolte, les coûts de stockage, la distance par rapport aux centres urbains, l’accès aux routes et l’éloignement, les monopsones, la disponibilité du riz importé, le niveau de richesse de chaque localité, les catastrophes naturelles et climatiques. Bref, cette analyse a ainsi démontré la complexité de la question du riz à Madagascar et aboutit à la constatation qu’aucune politique simple ne pourrait améliorer le niveau des prix en milieu rural.

En attendant d’y voir on ne peut plus clair, il importe de rappeler que la flambée soudaine des prix du riz vers la seconde quinzaine du mois de janvier a été alarmante, où le prix moyen a atteint la barre de 1.800Ar le kilo fin janvier. Plusieurs raisons pouvaient expliquer la situation, d’après les données de Horizon, dont entre autres, l’annonce d’une probable perte de production rizicole cette année, en raison d’insuffisance pluviométrique dans certains bassins de production majeurs pour la campagne en cours , à la spéculation et rétention de stock constaté dès mi-janvier.

Recueillis par C.A

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