La surpopulation de la capitale : Un recensement en vue !
Toutes les données statistiques concernant le dénombrement de la population malgache sont restées des approximations. Et ce depuis vingt-quatre ans ! Cela fait donc longtemps que le nombre des Malgaches s’est basé sur des estimations. Une situation quelque peu étrange quand on sait le nombre d’élections qui se sont produite pendant ladite période. Peut-on pour autant remettre en question la légitimité de toutes les élections ? Mystère.
Il suffit d’observer la vie quotidienne de la capitale pour comprendre que la ville est actuellement victime d’une surpopulation. Ce phénomène s’explique par l’exode rural. De nombreuses personnes voient Antananarivo comme un El Dorago, qui leur permettra de réaliser leur rêve. Le problème est qu’une fois arrivées sur place, elles connaissent une désillusion indescriptible. Le coût de la vie est trop élevé, l’atmosphère polluée et les moyens pour rentrer dans leur village, ville, ou région d’origine sont insuffisants. La question qui se pose est de savoir, quelles sont les mesures d’accompagnement qui seront prises une fois que le recensement sera effectué ? Pour l’instant, rien de concret, ce qui est connu, c’est que le coût de ce troisième volet de recensement s’élève à 30 millions de dollars. Une somme colossale quand on connaît le niveau de pauvreté du pays actuellement. Une précision est tout de même à apporter car en réalité, toutes les campagnes de recensement sont tombées à l’eau pour des raisons financières ou encore à cause d’instabilités sociales et politiques trop fréquentes dans le pays. Un gâchis financier en quelque sorte. Heureusement, que ce genre d’initiative se fait grâce à la persistance des bailleurs de fonds traditionnels comme le FNUAP ou encore la Banque Mondiale.
L’indépendance est une notion encore trop abstraite pour un pays comme Madagascar. Ce recensement est d’ailleurs l’une des preuves les plus flagrantes. Comment est-il imaginable que le nombre de la population d’un pays soit ignoré par l’ensemble de la classe dirigeante ? Si ce n’est pas du m’en-foutisme, ça y ressemble bien. Une situation qui peut remettre en question la transparence de toutes les élections organisées précédemment. En réalité, personne ne connaît avec exactitude le nombre de citoyens ayant la capacité de voter. Dans ces circonstances, il est impossible d’affirmer que les listes électorales qui ont été éditées auparavant sont fidèles à la réalité. Hormis les élections proches qui seront forcément contestées, il y a également le problème lié à l’Etat civil. En fait, si ce recensement de la population est devenu indispensable, c’est en grande partie parce que tous les actes d’état civil, naissance, mariage ou encore décès ne respectent pas les normes prévues.
Ce dont on peut être sûr, c’est que ce recensement va remettre en cause de nombreuses convictions. On serait même amené à penser que s’il a fallu attendre près de 24 ans pour véritablement mettre en œuvre cette démarche, c’est que quelque part, l’ignorance du nombre exact de la population malgache permet de protéger des intérêts. Certainement pas ceux du peuple, mais lesquels ?
Johan R.