La Gazette de la grande ile

Propagation du Coronavirus : Une tranquillité déconcertante

Publié le 28 février 2020

Les chaînes de télévision étrangères tous les soirs évoquent le Coronavirus, donnent le nombre de personnes décédées du Coronavirus ainsi que la liste des pays touchés parce que l’Organisation Mondiale de la Santé commence à considérer comme une véritable pandémie. Les pays ne portent pas des noms inconnus du grand public à Madagascar. Il ne s’agit pas du Kirghizistan ou du Cap Nord, ces contrées lointaines dont la majorité de nos compatriotes n’en connaissent même pas l’existence mais de la Chine, de l’Italie, de la France…et nous sommes tellement embourbés dans notre quotidien que le silence des autorités en l’occurrence du Ministère des transports est source d’angoisse. Madagascar est un pays où on peut encore mourir du paludisme, c’est un pays où la peste a tué bon nombre de personnes il y a deux ans et au cours de laquelle les écoles ont dû être fermées, au cours de laquelle les gens se déplaçaient avec le masque protecteur sur le visage, c’est un pays où la malnutrition tue et est tout sauf un “droit fondamental”. Aussi gonflé d’orgueil que l’on soit la population reste fragile, la promiscuité est une réalité et le système de santé demeure un des parents pauvres…autant on donne beaucoup d’argent à toutes ces institutions qui parfois ne servent pas à grand chose si ce n’est pour caser tous les copains coquins, autant les centres de santé deviennent des mourroirs souvent par manque de matériels.

Dans un tel contexte, la tranquillité avec laquelle on observe les autorités face à la propagation du Coronavirus est déconcertante. Les informations farfelues et autres superstitions véhiculées étonnent et interpellent. Le Ministère de la santé essaie de sensibiliser sur les gestes à faire pour éviter la contamination mais avec une communication encore peu suffisante. Le Ministère des transports quant à lui reste dans son classique arrogance et informe à peine. Bien sûr cette “pandémie” a et aura des conséquences néfastes sur le plan économique, mais l’humain reste plus important que les finances et on ne peut guère imaginer laisser faire et laisser tuer des gens un virus qui se propage dans le monde et rester dans cette particularité bien à nous “mora mora” et ensuite “médecins après la mort”.

Nos hôpitaux et nos structures de santé sont-ils en mesure de prendre en charge les éventuelles personnes atteintes de ce mal, si quelqu’un qui habite en dehors de la Capitale est par malheur atteinte, est-ce que le CSB2 de son village peut le prendre en charge et lui faudra- t- il attendre son heure ou traverser le pays pour se soigner dans la Capitale et propager par la même occasion la maladie? Pour l’heure, le fait que les pays dans lesquels les personnes atteintes du Coronavirus sont en lien étroit avec nous, il est grand temps si ce n’est déjà tard que toutes les mesures de prévention fassent l’objet de large diffusion à la radio nationale et autres medias qui ne soient pas que le site des ministères concernés car nos compatriotes de Maintirano ou de Soalala n’y auront pas forcément accès.

Claude Rakelé

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