Publié le 22 mars 2021
Samedi, durant son interview, le Président Andry Rajoelina n’a pas manqué de s’exprimer à propos de la cargaison illicite d’or saisie en Afrique du Sud. Il a martelé qu’il ferait tout pour que tous les coupables soient traduits devant la justice Malagasy et pour que l’or soit récupéré. Il en a profité pour soulever avec justesse un point intéressant qui est le non-rapatriement de devises constaté à la suite d’exportations d’or par certaines sociétés.
Sauf suspension temporaire ordonnée par les autorités, l’or est un produit d’exportation soumis à des conditions posées par le Code des Mines. Toute personne physique ou morale qui exporte de l’or doit être munie d’une déclaration d’exportation, d’un laissez-passer règlementaire et d’une facture. Conformément au Code des Changes et à différents décrets et arrêtés, les recettes en devises doivent être rapatriées dans un délai de trois mois pour les exportations de marchandises et dans un délai d’un mois pour les prestations de services à l’étranger.
Plusieurs sociétés exportatrices d’or ne remplissent pas leur obligation de rapatriement de devises. Le tableau porté à la connaissance du public samedi montre que les comptoirs d’or en infraction à la législation et à la règlementation au titre de l’année 2020 se nomment DradenMetal Export, Fjz Art, Miarisoa Export, Jo’s Traders, Madagold, Madagascar Doubaï, Velonjin, Stars Mining, North Mining Export, l’Age d’Or de Madagascar et The Wonders of Rolba. Le poids total des cargaisons de métal précieux exporté par ces sociétés s’élève à près de deux tonnes. Le total des sommes non rapatriées avoisine les 400 milliards Ariary. Les budgets cumulés de plusieurs ministères n’atteignent pas ce montant exorbitant.
Le refus de ces sociétés de rapatrier les recettes en devises à la suite de leur exportation d’or cause un préjudice à l’économie. Il constitue une autre forme de trafic d’or qui s’apparente à un hold-up.Cet argument est appuyé par le fait que certaines sociétés sont coutumières des fraudes. Elles sont liquidées aussi vite qu’elles sont constituées. Souvent, elles sont domiciliées dans un siège social fictif. Parfois, le gérant déclaré n’est qu’un prête-nom, quand il n’est pas titulaire d’une fausse carte d’identité.
Phil de Fer