Publié le 09 novembre 2022
A mesure que la fin de l’année approche, on constate un peu partout dans nos campagnes et dans les grandes villes que l’insécurité connaît une hausse très inquiétante. Dans les campagnes les vols de bœufs se passent de plus en plus souvent avec des pertes assez préoccupantes. Surtout lorsque le Général Serge Gellé, patron de la Gendarmerie Nationale en personne publie un bilan macabre qui donne une idée de la nuisance des malfaiteurs. Dans les centres urbains, les attaques des domiciles, des magasins et des kiosques de téléphonie mobile avec violence sont répétitifs. Ce constat ne peut que conduire à des interrogations sur la cause de telles situations. A priori on peut déplorer avec justesse que les forces de l’ordre sont dépassées par les évènements. A cela il y a plusieurs raisons incontestables. Il est tout de même étonnant qu’avec un quota de recrutement de plus de 1000 gendarmes et 1000 policiers par an, le pays se retrouve encore devant un échec pareil face à la lutte contre l’insécurité.
Des faits d’une gravité inacceptable permettent de déduire que dans le cadre de la gestion du personnel des forces de l’ordre, il y a des lacunes qui ne peuvent que conduire à des résultats négatifs. Dans des endroits lointains où les fréquences des attaques des parcs à bœufs et des villages isolés se passent sans que les bandits soient réprimés ou neutralisés malgré la présence dans les parages des camps de la gendarmerie, il faut admettre que la mauvaise manière de servir est évidente. Comment pouvez-vous imaginer que des hommes en uniformes suffisamment équipés en armement n’arrivent pas à combattre des voleurs porteurs seulement de quelques fusils de chasse et des armes blanches ? En réfléchissant très bien sur les déroulements des offensives des dahalos, on est bien obligé de reconnaître que sous l’emprise de la routine les forces de l’ordre n’ont plus cette réputation qui provoque la peur des « gendarmes ». C’est à peine si le service de renseignement de leur unité fonctionne, parce que « trop de familiarité » avec les habitants, au lieu de servir leur efficacité, constitue plutôt la source de leurs échecs.
Mais il y a plus grave. A propos des nominations réputées « zones rouges », ce sont rarement les hommes ayant prouvé leur efficacité qu’on envoie là-bas. Les responsables parachutés dans les lieux qui ont le plus besoin de bons éléments, seraient souvent des cadres « favorisés » par tel ou tel chef haut placé pour des motifs qui n’ont rien à voir avec les nécessités de service. Il suffit de constater les récentes attaques des malfaiteurs. Les témoignages des habitants dénoncent des réalités scandaleuses sur les attitudes de certains chefs d’unité où l’on avait déploré des morts dans leurs rangs. C’est tout juste si les gens ne font pas état d’une certaine complicité…
N. Razafilahy