La Gazette de la grande ile

Bordel au Parlement : députés paresseux et foutoir au Sénat

Publié le 05 décembre 2022

Bordélique, c’est le mot convenable pour définir la situation actuelle du Parlement malagasy (l’Assemblée nationale et le Sénat) avec la grève des membres du personnel du Sénat et la paresse des députés de l’Assemblée nationale. Primo, depuis vendredi, les membres du personnel du Sénat à Anosy ont tenu un piquet de grève dans les travées de la Chambre haute. La raison de cet acte est le retard de paiement des salaires des membres du personnel. Ils ont brandi des papiers imprimés avec l’inscription « payez notre salaire ». La conséquence a pourtant été désastreuse car cette grève a entraîné l’ajournement de la séance plénière pour le débat et pour le vote du projet de loi de finances initiale 2023 prévu le vendredi 2 novembre dernier au Sénat. Les pourparlers avec quelques sénateurs n’ont abouti à aucune solution. L’après-midi du 2 novembre, des représentants des grévistes ont la ministre de l’économie et des finances Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison. Dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook, la ministre n’a donné aucune solution, elle n’a fait qu’exposer des multitudes de problèmes du Sénat. Cependant, la paralysie institutionnelle causée par ce piquet de grève des membres du personnel du Sénat doit être résolue au plus vite car le débat et le vote du projet de loi de finances initiale 2023 par les sénateurs sont primordiaux pour le bon fonctionnement de la machine administrative de la Grande île.

Secundo, la paresse des députés dans l’exercice de leurs fonctions de parlementaires est flagrante depuis un bon bout de temps. Les parlementaires de la Chambre basse priorisent d’abord leurs intérêts personnels au détriment des réels besoins de la population qui les ont pourtant aidés grandement afin de briguer leur poste actuel. Rappelons que pour voter l’adoption du projet de loi de finances initiale 2023 à l’Assemblée nationale, seulement quatre-vingt-quinze (95) députés étaient présents à l’Assemblée alors que le nombre total des parlementaires de la Chambre basse est de cent cinquante et un (151). N’oublions pas que ce projet de loi de finances est le texte le plus important du point de vue de la budgétisation de toute l’administration de Madagascar l’année prochaine. Cette paresse des députés se voit aussi et surtout lors du vote du projet de loi portant orientation générale du système éducatif à Madagascar. Seuls treize députés, soit 5% d’entre eux sont présents lors de cette séance. Un manque total de respect à la population.

Les problèmes au Sénat sont en quelque sorte prévisibles vu qu’au début de son mandat en 2018, le Sucré du peuple voulait supprimer le Sénat, une institution qu’il jugeait inutile et budgétivore. Il est logique que Madagascar soit dans sa situation actuelle en terme de pauvreté si la plupart des élus ne font que bafouer les droits de leurs concitoyens et abusent du pouvoir que leurs postes leur procurent.

Ravo

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