Publié le 05 décembre 2022
Une atmosphère délétère plombe la Jirama depuis plusieurs jours. Le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Andry Ramaroson, créée la pagaille au sein de cette compagnie nationale. Animé par ses intérêts particuliers, il est en mauvais termes avec les employés de cette compagnie et démontre à quel point ses compétences sont limitées à résoudre les problèmes récurrents de la Jirama et ses préoccupations se trouvent ailleurs. Il met en danger la réforme engagée au niveau de la Jirama depuis quelques années.
Les finances de la société sont au rouge et les scandales à répétition qui ont secoué cette compagnie nationale des eaux et de l’électricité défraient la chronique, pendant que les services offerts par la Jirama restent également l’objet de virulentes critiques avec les coupures d’électricité incessantes. Mais au lieu de traiter ces problèmes dans leur profondeur, Andry Ramaroson s’est décidé de dégainer sur une équipe dirigeante de la Jirama à propos d’une histoire de prime.
L’horizon 2027 est annoncé comme issue des délestages. Les dirigeants de la compagnie sont, en effet acculés pour faire bouger les lignes. À commencer, entre autres, par rectifier le tir sur la politique de rémunération des employés de la Jirama. Les dirigeants de la société nationale font alors entrer la notion de primes de performance pour ses effectifs. Un sujet déjà acquis depuis 2020, sous le mandat de Vonjy Andriamanga. L’objectif principal de la nouvelle stratégie est de pouvoir améliorer le système de gouvernance de la société et de redynamiser le corps social.
Cette nouvelle mesure concerne en premier lieu, selon de sources concordantes, les membres de la direction qui ne seront plus primés sur la base de l’habituelle prime de rendement octroyé à tous les employés de la Jirama, mais plutôt sur des primes de performance. Les recommandations de la Banque mondiale dans le projet Pagose y sont pour quelque chose. Selon toujours nos sources, les futurs bénéficiaires de ces primes de performance doivent renoncer à leur augmentation de salaire annuelle et l’habituel prime de rendement, laquelle est octroyée qu’il y ait eu rendement ou non. À en croire ces propos, les salariés de la compagnie nationale d’eau et d’électricité seront alors jugés sur leur productivité.
Des objectifs ont été fixés par poste et d’une manière individuelle, de concert entre les dirigeants de la société et les bailleurs de fonds. Pourtant, le dispositif semble ne pas faire l’unanimité et crée des jaloux. Il est contesté sous l’impulsion de certains hauts responsables qui veulent non seulement « maintenir le statu quo » au sein de la Jirama, mais aussi « freiner la réforme qui est en marche », à commencer par le ministre de l’énergie et des hydrocarbures. La nouvelle politique de rémunération devient un sujet de controverse au sein de la Jirama sous l’impulsion de Andry Ramaroson. Certains soupçonnent de la corruption et portent plainte auprès du bureau indépendant anti-corruption. Les mains du ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures avec l’aide active du PCA Solo Andriamanampisoa sont bien redoutées derrière l’orchestration. Le projet PAGOSE, qui entame déjà sa mise en œuvre, est secoué par cette enquête de corruption. La grille de rémunération définie par ce projet au bénéfice des agents de la Jirama n’est pas du goût de certains qui décident alors de saisir la justice pour espérer un compteur remis à zéro. L’avis de non objection des partenaires financiers du projet concernant le taux de rémunération ne suffit pas alors à faire reculer l’initiative judiciaire.
Dans la foulée, il a décidé d’étaler en public l’évaluation du personnel de la Jirama. Mais les syndicats, le comité d’entreprise ainsi que les délégués du personnel au sein de cette compagnie nationale de l’eau et de l’électricité, qui ont fait entendre leur voix, ont décidé de rompre leur silence pour rejeter la démarche de l’actuel ministre de l’Energie et des hydrocarbures de publier sur les réseaux sociaux certains aspects de l’évaluation menée au sein de la Jirama, ont eu une fin de non-recevoir de la part du ministre de l’énergie et des hydrocarbures, Andry Ramaroson. Une manière pour ce dernier de détourner l’attention sur les vrais problèmes de la compagnie.
En effet, contrairement aux aspirations des employés de la Jirama, le membre du gouvernement continue de publier l’identité des hauts responsables de la Jirama qui sont passés, jusqu’ici, devant le conseil d’administration et le ministre pour rendre des comptes. Malgré les appels des employés, Andry Ramaroso,n a continué à poster sur son compte Facebook des photos de l’évaluation des cadres de la société sans pour autant faire de commentaires sur chaque illustration. Pourtant, la divulgation des photos des cadres de la Jirama sur les réseaux sociaux n’est pas appréciée par les agents de la compagnie et ils l’ont fait savoir devant la presse, il y a quelques semaines.
L’empreinte de Andry Ramaroson se distingue de toute autre initiative par ses publications continues sur les réseaux sociaux qui mettent en exergue l’identité des différents impétrants. Les employés de la Jirama y trouvent alors le hic et décident de réagir. Ils brisent le silence et demandent à ce que « l’identité des employés qui font actuellement l’objet d’évaluation et d’entretien par le conseil d’administration et le ministère ne soit pas divulguée ». C’est la déclaration qui a été faite, hier, devant la presse à Anosy, par les dirigeants syndicaux, le comité d’entreprise ainsi que les délégués du personnel au sein de cette compagnie. Les agents de la Jirama soupçonnent également une certaine manœuvre dans les « véritables objectifs » du membre du gouvernement quant à son choix de diriger les projecteurs sur ces cadres de la Jirama.
Et malgré la tension qui a couvé, les discussions ne sont pas encore engagées, selon certaines sources, entre ces derniers et le ministère de Andry Ramaroson pour apaiser la tension qui couve déjà. La Jirama risque, à cet effet, de vivre de nouvelles agitations qui peuvent mettre davantage en péril la santé de la compagnie. La réforme engagée au niveau de la Jirama peut aussi être compromise si la tension perdure. Si ce n’est déjà le cas ! La situation actuelle atteint déjà la performance tant recherchée par la compagnie.
La Gazette