Publié le 05 décembre 2022
Ranjatoelina à la manœuvre au service de son vrai patron Ratsirahonana qui veut devenir président
À se demander s’il y a toujours un commandant de bord dans l’avion Madagascar.
Après l’épisode peu glorieux où Joël Randriamandranto avait piégé le ministre cyclope, et où Tinoka Roberto a gagné son surnom de ministre à roulettes, voilà que le ministre mythomane Roland Ranjatoelina se venge de son prédécesseur. Il contrecarre sans détour les objectifs de son collègue du tourisme d’augmenter de 300 000 le nombre de sièges supplémentaires sur les vols internationaux.
Samedi dernier, la Gazette apprend la déception de nombreux Malagasy qui se faisaient une joie d’aller à Ivato accueillir des membres de leurs familles résidant à la Réunion. Ils venaient d’être avertis de l’annulation des vols du weekend d’Air Austral La Réunion/Antananarivo.
Un peu plus tard, nous recevons un article d’un journal réunionnais : https://www.clicanoo.re/article/economie/2022/12/03/air-austral-contrainte-dannuler-ses-vols-reunion-tana-de-ce-week-end .
Air Austral desservait quotidiennement Antananarivo jusqu’ici, et tout d’un coup sans explication, elle n’était plus autorisée qu’à faire 5 vols par semaine. Les vols du samedi et dimanche ont alors dû être annulés, pénalisant les passagers déjà réservés sur ces vols. « La compagnie Air Austral regrette cette décision. Cela ne lui permet pas de répondre à la demande de voyage de et vers Tananarive qui est aujourd’hui très forte et qui continue de se renforcer », selon un communiqué d’Air Austral.

Cette situation ne va certainement pas s’arranger à l’approche des vacances de fin d’année.
Selon les agences de voyage, Air Austral n’est non plus autorisée à desservir Nosy Be que 3 fois par semaines au lieu de 4 vols auparavant.
Pourtant mi-octobre dernier, Mamimbahoaka participait à Casablanca au Choiseul Africa Business Forum. Une session particulière avait même été spécialement réservée à Madagascar avec l’intitulé « INVEST IN MADAGASCAR» et le secteur tourisme y avait été largement promu. Le Petit Timonier avait confirmé la nécessité de disposer de sièges supplémentaires sur les vols internationaux. Il a même précisé avoir lui-même demandé à Air France d’ouvrir une 5ème fréquence. Ce que cette dernière va mettre en place incessamment avec des avions de la dernière génération A350 et B787.
Selon les agences de voyage de la place, Kenya Airways annonce également l’ouverture d’une 9ème fréquence dont les vols ne seront pas remplis principalement de Kenyans ou de Malagasy, mais surtout de passagers en correspondance.
Le ministre affabulateur Ranjatoelina qui avait annoncé à ses débuts l’arrivée imminente de B737-400, va carrément à contre-courant de Mamimbahoaka en prenant la décision contraire de réduire plutôt les fréquences des vols d’Air Austral.
Ratsirahonana le roublard avait revendiqué avoir deux ministres dans ce gouvernement Ntsay, dont Ranjatoelina et le ministre des mines. A se demander si ce n’est pas une politique délibérée du parti AVI, afin de mettre la pression sur Mamimbahoaka en faisant montre de sa capacité de nuisance ?
Astérix viserait le poste de président du Sénat dans l’objectif de devenir enfin président lorsque Rajoelina se présentera aux présidentielles et sera obligé de démissionner. Kopi Kolé (une spécialité de ce régime) du schéma utilisé par Rajaonarimampianina avec Honoré Rakotomanana et Rivo Rakotovao. D’autant plus qu’il y a des sièges vacants à la suite de décès de sénateurs.
Si Mamimbahoaka ne revient pas sur cette décision de Ranjatoelina, voire même s’il ne le limoge pas comme il l’a fait pour Richard Randriamandrato pour cause de désobéissance, cela veut tout simplement dire qu’il n’est même plus écouté de ses propres ministres qui prennent leurs ordres ailleurs.
Plus grave, à cause de cette « guéguerre » souterraine, c’est le secteur tourisme qui va en pâtir directement.
Il faut cependant reconnaître que Mamimbahoaka ne met pas le secteur tourisme dans ses priorités. Dans le velirano n°10, on parle à peine du tourisme « Encourager un tourisme durable, valoriser nos richesses minières, protéger notre faune, notre flore, notre sol, reboiser nos terres, lutter contre la destruction de notre environnement”. Sur le site web de la Présidence, à la rubrique Velirano 10, aucune réalisation du secteur touristique n’est mentionnée. Sans doute parce qu’il n’y en a aucune : https://www.presidence.gov.mg/velirano-10-la-gestion-durable-de-nos-ressources-naturelles.html .
Air Austral devrait s’estimer heureuse d’avoir encore 5 vols hebdomadaires sur Antananarivo et 3 vols sur Nosy Be. Ce n’est pas le cas de la compagnie sud-africaine Airlink qui n’est simplement plus autorisée à voler vers Antananarivo ou Nosy Be.
En avril 2022, l’ACM avait annoncé que les restrictions dues à la Covid 19 sur les vols internationaux avaient été levées pour toutes les compagnies qui avaient des vols de et vers Madagascar avant la pandémie sauf pour les compagnies sud-africaines.
Début juillet 2022, le ministre des affaires étrangères d’alors, Richard Randriamandrato, avait été reçu par le président Cyril Ramphosa à la résidence officielle à Prétoria. A l’issue de cette visite, la reprise imminente des liaisons aériennes entre les deux pays était confirmée. Les deux hautes personnalités ont également convenu de préserver leurs relations bilatérales et régionales en tant que pays frères au sein de la famille SADC. Le président Ramaphosa avait déclaré « La SADC n’est pas complète sans Madagascar ».
Malgré cela, le 15 octobre 2022, Ranjatoelina via l’ACM, renouvelait l’interdiction de vols entre les deux pays. A l’époque, il avait justifié sa décision par sa volonté de mettre fin au monopole d’Airlink et qu’il négociait l’arrivée d’une autre compagnie sud-africaine. Justifications tirées par les cheveux, lorsqu’on voit les monopoles sur les liaisons avec Maurice, Kenya ou l’Ethiopie.
Selon l’interprétation des Sud-Africains, cette exclusion serait due au refus du gouvernement sud-africain de nous rendre les 73,5 kg d’or, les 20 000 dollars confisqués et d’extrader les 3 convoyeurs (Mamimbahoaka ne sait pas que dans un pays de droit, la Justice est indépendante).

Selon le PDG d’Airlink, «c’était un mystère pourquoi cet incident de contrebande d’or avait attiré l’intérêt et l’attention personnelle du président malgache ». Il est clair que le PDG d’Airlink n’est pas malgache, car pour les Malagasy, ce n’est nullement un mystère ! https://www.dailymaverick.co.za/article/2022-10-17-madagascar-indefinitely-extends-flight-embargo-on-airlink-over-sas-gold-bullion-intercept/ .
Une traduction française de cet article est disponible sur le lien ci-après https://wetransfer.com/downloads/9b8499e4d47fbdc5ccdfba0a534b765f20221204114342/f0dc179468238338742c1dd803acf33820221204114417/544011
A cause de cette décision, les touristes, hommes d’affaires doivent maintenant faire un long détour via Nairobi, Paris (notamment les Nord-Américains) Addis Abeba , Réunion ou Maurice.
Si seulement Mamimbahoaka connaissait l’histoire de nos voisins !
Maurice a développé son secteur tourisme en s’appuyant d’abord sur les touristes sud-africains, qui la considéraient comme du tourisme domestique vu la proximité. C’est ainsi que des investissements hôteliers importants ont été réalisés et South African Airways avait même loué à Air Mauritius un B747 SP raccourci (Cet avion était produit par Boeing uniquement pour les besoins de South African Airways afin de lui permettre de contourner l’espace aérien des pays africains qui bannissaient l’Afrique du Sud à cause de l’apartheid).
Rappelons qu’Andilana Beach de Nosy Be avait été construit pendant la même période par un groupe sud-africain. Mais les événements de 1972 ont arrêté cet élan à Madagascar, compte tenu de la nouvelle politique étrangère anti-apartheid de Madagascar à compter de mai 1972.
Madagascar ferait bien de reconnaître que les deux pays à fort pouvoir d’achat de notre région sont la Réunion et l’Afrique du Sud. Madagascar devrait privilégier le développement du tourisme avec ces deux pays, notamment La Réunion, compte tenu de nos liens historiques.
Quant à l’Afrique du Sud, c’est plus Madagascar qui a besoin d’elle économiquement et diplomatiquement, et beaucoup plus à perdre que l’inverse.
Sur le plan des relations internationales et du contexte actuel, Madagascar a plus que jamais besoin du parapluie de l’Afrique du Sud et de la SADC, notamment pour se protéger des menaces de sanctions du congrès américain qui veut briser l’influence russe en Afrique. Le 17 août 2022, le sommet des chefs d’Etat de la SADC (Mamimbahoaka l’avait snobé, estimant plus important de servir d’homme sandwich de l’ONUDI et recevoir son trophée de champion de l’industrialisation) s’est opposé à ces menaces, les jugeant contraires aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Alors, si Mamimbahoaka est un tant soit peu soucieux des intérêts du peuple malagasy, et non uniquement des siens, il ne devrait pas « p…. plus haut que son c… ».
Sans l’Afrique du Sud, on n’aurait même pas appris l’existence de ces 73,5 kg d’or et Madagascar devrait plutôt leur en être reconnaissant.
S’il est cohérent avec lui-même et veut confirmer qu’il tient toujours la barre, le Petit Timonier devrait réautoriser les vols d’Airlink et rétablir les vols quotidiens d’Air Austral La Réunion Antananarivo.
La Gazette