Edito: Se faire voir, être vu…

Grande communion à Mahamasina dimanche 29 janvier dernier, messe au cours de laquelle des “hauts” responsables de ce pays se sont retrouvés le temps de cette communion. Des anciens présidents, l’actuel président, des ministres actuels et anciens qui ont réussi à s’arranger pour porter d’autres titres et toujours faire partie des invités lors de ces cérémonies au cours desquelles au fond le plus important est d’y être invité, le plus important est d’être présent physiquement. Lorsqu’on voit ces “hauts” dirigeants d’avant et de maintenant à la tribune centrale, place d’honneur, on ne peut s’empêcher de se demander si, lorsqu’ils se retrouvent les uns à côté des autres, ils n’ont pas un peu honte de l’état dans lequel se trouve le pays, de ce qu’ils ont fait de ce pays?

Juste heureux d’être à des places d’honneur, juste heureux d’être vus au cours de ces cérémonies grandioses, juste heureux de se sentir importants on ne peut s’empêcher de se demander s’ils veulent réellement la réconciliation nationale, s’ils veulent réellement le développement de ce pays, s’ils prient réellement pour qu’un jour ils deviennent de vrais patriotes et cessent de se remplir les poches et s’enrichir le temps du passage à la tête du pays. Voir ces présidents, ex et actuels, ne fait qu’enrager la population car tout est comédie, tout est façade et au fond chacun veut soit y rester coûte que coûte à la tête de l’Etat bien que les résultats de trois années à la tête de l’Etat sont plus que décevants, soit y revenir coûte que coûte car une fois qu’ils ne sont plus à la tête de l’Etat ils se rendent compte qu’ils auraient pu faire plus… non pas pour le pays mais pour eux, pour leur propre intérêt personnel.

On se rend compte également que tous ces anciens et actuels dirigeants veulent se montrer pratiquants, un peu à la manière “qui craint le Seigneur” et en ce sens souhaiteraient donner une bonne image d’eux avec une volonté de vouloir être des exemples… la réalité est toute autre. Même lorsqu’ils se retrouvent dans ce grand espace qu’est le stade de Mahamasina ils s’arrangent pour s’éviter ou pour éviter d’avoir à se regarder, mais le plus étrange est qu’ils osent regarder les milliers de fidèles, les milliers de Malgaches qu’ils ont chacun à leur manière appauvri… On peut alors comprendre au final que certains se cachent derrière les lunettes noires même si elles sont “tendance” et qu’elles sont peut-être aussi portées car “tendance”! L’idée est d’être vu mais ne pas voir…

Claude Rakele

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