CHRONIQUE DE N RAZAFILAHY: Comparer l’incomparable
Il s’agit ici de l’île Maurice notre voisine et surtout concurrente sur beaucoup de domaine et de Madagascar ce pays qui regorge de potentialités qui a toujours fait pâlir d’envi les autres îles sœurs. Titiller par des considérations pas toujours très honorables de la part de certains observateurs sûrement éblouis par le charme les coco-fesses et autres séductions, on est bien obligé de se jeter à l’eau pour finalement comparer l’incomparable.
Sous la plume de Karina Zarazafy dans la revue Politika on peut lire à propos de l’île sœur, « actuellement à sa 48ème année d’indépendance, Maurice figure parmi les pays les plus riches de la région. L’île est classée première en terme de compétitivité en 2005-2016 par le Forum économique mondial. » Et c’est justement pour tenter de répondre à une question très pertinente de cette analyste d’une admirable lucidité que justement, nous allons tenter de savoir « Comment un pays quasiment condamné par les instances internationales au sortir de son indépendance a sus transcender et devenir un tigre ? » Surtout quand l’auteur de l’article elle-même nous donne la réponse dans une affirmation qui ne peut admettre aucune contradiction en écrivant noir sur place : « Par des hommes et des décisions sages. » Revenons sur ce communiqué des évêques de Madagascar qui nous lance à la figure que « ce n’est pas la richesse qui nous manque, nous ne manquons pas de célébrités, nous ne manquons pas de savants, d’intellectuels…Mais Madagascar est surtout pauvre d’hommes sages…nous manquons de sages car la vérité est bannie, nous ne donnons plus la place qu’il faut à la vérité. » Tout est dit. Juste après notre indépendance, une succession d’hommes qu’on peut sans se tromper de sages ont assuré les réalisations des infrastructures de base d’un pays nouvellement sortie de la colonisation sans trop de casse (en faisant abstraction bien entendu des drames de cette période obscure mais héroïque des évènements de 1947). Quoi qu’en disent ses détracteurs, Philibert Tsiranana et son équipe de bâtisseurs avaient réussi à mettre en place les fondements administratifs, économiques et juridiques d’une nation avec le personnel et la mentalité qu’il fallait. Nombreux parmi les vieux fonctionnaires encore actuellement en service sont sortis des moules de la 1ère République et sont encore en fonction pour encadrer la génération montante. Les militaires qui ont pris la relève du régime PSD ne manquaient pas aussi d’hommes sages qui ont su nous éviter les affres des massacres africaines des années 70 jusqu’à l’an 2000. On peut tout le mal qu’on veut de ma Révolution de Didier Ratsiraka, cette époque n’en demeure pas moins une pépinière qui servira encore aux putschistes d’une voyoucratie qu’on, espère voir prendre fin avec l’ère Hery Rajaonarimampianina. Contrairement à Des aventuriers adeptes du pillage des ressources nationales n’hésitent pas à pousser le 1er Président de la 4ème République « à la démission ». De l’avis des gens sensés, malgré les frasques et carences des courtisans et zélateurs pourris de ce régime, le président-fondateur du HVM n’a pas à tenir compte des délires des nostalgiques d’un chef d’Etat usurpateur qui n’a jamais voulu faire la différence entre la trésorerie virtuelle de l’Empire TIKO et la gestion du Budget de’ l’Etat…
Sur l’île à côté, à propos des options économiques en vue du développement, les mauriciens ne font pas dans la dentelle. Pour eux, c’est la mentalité anglo-saxonne qui prime. A titre d’exemple souvenons avec une pointe de rancœur de l’affaire de ce vol spectaculaire de l’une de notre fierté nationale. Sans que nous responsables inconscients s’en aperçoivent ou qui avec la complicité de certains décideurs achetés et corrompus le «Papier Antemoro» échappe à notre patrimoine industriel pour devenir un produit sous label contrôlé «Made in Mauritius ». Dans beaucoup de secteurs également ces descendants d’expatriés venus de tous les horizons nous ont dépassés à plate couture. Imaginez que dans les années 60 dans le domaine de l’aviation, leur compagnie aérienne était à la remorque de notre compagnie nationale AIR MADAGASCAR… Toute honte bue, nos gourous de l’ACM rase les murs face aux mauriciens. Imaginez aussi que pour un pays qui n’a même pas la moitié ni le quart de notre surface cultivable, les dirigeants de là-bas n’ont jamais eu des problèmes de ravitaillements en denrées alimentaires susceptibles de provoquer des troubles sociaux. Il fut même un temps où nos majors de l’industrie textiles avaient préféré s’exiler là-bas, plutôt que de subir les tracasseries administratives de quelques fonctionnaires vendus et spécialistes des chantages sur les taxes…Bref, même de nos jours, la différence reste et demeure entre les deux peuples. Et c’est le cœur serré qu’on est obligé d’admettre que nos dirigeants actuels n’arrivent pas toujours à damer le pion à ces gênants voisins. Or, selon la même source qui cite Nando Bodha, ministre mauricien des Infrastructure publiques : «Le mauricien est 25 fois plus riche que son homologues malgache ». Et que de 1982 le PNB par habitant de l’île Maurice de 200 dollars est passé de 6000 dollars pour culminer « pratiquement à 10.000 dollars par habitant. » Ajoutez à cela ces milliers de tonnes d’or du Trésor mauricien alors que notre Banque Centrale n’en même pas la moitié d’une tonne. Pour un régime qui se prend un Etat souverain, faute d’hommes compétents et en l’absence de sages décisions, c’est la honte ! Et lorsque collègue nous parle d’investisseurs et de développement et de performance pour les autres pays, il a tout à fait raison en déclarant que pour Madagascar « ce n’est pas le cas… » Les magistrats auront bon râlé, c’est toujours « Rakotozafy qui s’appelle Alexis !» A l’île Maurice pour les personnalités de la haute société ou les simples justiciables, la loi ne fait pas de différence et les juges sanctionnent sans discernement de classe sociale. Combien de fois des hauts responsables étatiques chez eux, mêlés à des affaires qui relèvent de la cour pénale se voient obligés de subir les peines et sanctions réservés aux violations de la loi commises