Soif de changement : Faudra t-il attendre 2019 ?

2017 vient de débuter et la population ne voit aucune amélioration dans son quotidien. Bien au contraire, tous les clignotants sont au rouge et aucun signe positif ne pointe à l’horizon. Il faut se rendre à l’évidence que la « force nouvelle » du HVM a été une force de régression plutôt qu’une force de progrès. Les malgaches aspirent au changement mais devront-ils pour cela attendre l’élection présidentielle de 2019 ? Ils n’ont pas d’autre choix que d’attendre la fin de mandat de Hery Rajaonarimampianina, avant de pouvoir s’exprimer à nouveau au suffrage universel direct. Cette attente correspond à un schéma démocratique normal. Cependant à Madagascar, la normalité est l’exception, mais non pas la règle. En effet, Hery Rajaonarimampianina se prévaut d’une accession légitime au pouvoir par la voie des urnes et il a raison. Le problème est que son maintien au pouvoir est moins légitime. Il a perdu sa légitimité en raison de ses insuffisances notoires. Comment évaluer la perte de légitimité du Chef de l’Etat dans un pays où il n’existe pas d’institut de sondage sérieux ? Tout simplement, en prenant le pouls de la population et plus précisément en écoutant les griefs de l’opinion publique. La colère mêlée de frustration de la population est palpable lorsqu’elle s’exprime dans la rue ou à la radio. Il faut prêter une oreille attentive au mécontentement de la majorité des agriculteurs, professionnels de la santé, enseignants, industriels, fonctionnaires, chauffeurs, cadres d’entreprise, femmes au foyer, professions libérales, commerçants…Cette situation socioéconomique extrêmement tendue ne peut plus durer. Il faut donc une élection présidentielle anticipée. Pourtant, s’agit-il d’une vraie bonne solution ou d’une fausse bonne solution ? En effet, que le scrutin présidentiel ait lieu en 2017, 2018 et 2019, il sera entaché par des fraudes massives en faveur du candidat déclaré du HVM. Ce parti s’y prépare activement en plaçant ses pions aux postes-clés. Dès lors, s’achemine-t-on alors inévitablement vers un changement extraconstitutionnel de régime ?

PN

Ajouter un Commentaire