Solidarité avec Antsakabary: Avertissement à Rajaonarimampianina !
«Il y a toujours en nous quelque chose de … politique ». Cette parodie du tube de Johnny Hallyday a peut-être bloqué certains de nos concitoyens à répondre à l’appel à la solidarité avec les villageois d’Antsakabary Befandriana Nord. « Nous sommes plutôt satisfaits », déclare néanmoins Rinah Rakotomanga, la principale initiatrice de ce téléthon organisé dans la capitale, samedi dernier. Le bilan de cette collecte de dons en faveur des 1500 victimes des incendies criminels perpétrés par l’expédition punitive, sera connu ce jour mais quelque soit le montant des fonds reçus et l’importance des effets vestimentaires, victuailles, les ustensiles de cuisine et autres petits matériels collectés, les organisateurs ont constaté « une forte mobilisation de la population malgré la cherté du coût de la vie, notamment de la classe moyenne mais aussi de petites gens, la classe aisée n’ayant que peu ou prou participé ».
La mobilisation aurait été beaucoup plus importante si la collecte était bien organisée, lâche des membres du Club des journalistes doyens. Sans douter nullement de la bonne foi de Rossy ni des précisions martelées par les animateurs du téléthon à l’annexe du stade de Mahamasina, beaucoup ont, en effet, senti une odeur politique à cause de l’implication de TV Viva d’Andry Rajoelina qui a fait la retransmission en direct de l’évènement et la présence d’autres figures proches du président de la Transition comme Augustin Andriamananoro ou encore du président d’Emergence Madagascar. La participation beaucoup plus importante des stations de radio et de télévision comme elles l’ont fait lors du mouvement de contestation contre le code de la communication en unifiant les programmes aurait sans doute permis d’arroser le maximum d’auditeurs de la capitale mais aussi de province. Avec la participation de beaucoup plus d’artistes, on pourrait imaginer le succès d’une telle mobilisation.
Aussi faibles soient-elles relativement, les initiatives de samedi ont dès lors suscité l’intérêt des états-majors politiques qui ont attiré un certain nombre de conclusion dont la première est que la mobilisation reste forte au niveau de la classe moyenne, celle-ci étant considéré comme la force du changement.
Secundo, les difficultés économiques ne peuvent constituer un frein quand il y a urgence. Les observateurs ont, en effet, remarqué que les crises politiques survenues à Madagascar (1972, 1991, 2002, 2009) le sont au terme d’une période de croissance et de relative postérité pour la population. Pour eux, le contraire est aussi valable. Mais quand il n’y a plus rien à perdre, on peut s’attendre à tout.
Enfin, et cela tous les politiciens le savent, il suffit d’un sujet crédible ou d’un programme en commun pour unir les forces. La chance pour Hery Rajaonarimampianina et le HVM est que Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina continuent de susciter la méfiance des Malgaches. Plus que jamais, on croit que M. Ravalomanana va procéder à une vengeance terrible une fois de retour au pouvoir et revenir à ses enrichissements d’antan. Eux deux sont en train de peaufiner leur stratégie pour revenir à la Magistrature suprême par la voie électorale. Mais ils ne seraient pas contre et appelleraient même ses troupes à soutenir un mouvement si une tierce personne venait à mobiliser la population à descendre dans la rue.
Le régime en place croit, en effet, qu’après le purgatoire infligé par la communauté internationale durant la Transition et la réunion des bailleurs de fonds qui ont promis 6 milliards de dollars d’aides, personne n’oserait plus s’aventurer à déloger le président élu. Dans certains milieux, on commence cependant à grincer les dents car les promesses tardent à se matérialiser. Au cas où, on perdrait des promesses mais on gagnerait la liberté de chercher ailleurs d’autres alternatives. Des scénarii qui ne seraient pas des chinoiseries. Loin s’en faut !
Sa