Marché de l’emploi: Plus de 80% des femmes sont marginalisées
Les festivités pour la célébration de la journée internationale des droits des femmes ont été annulées pour cause de cyclone. Mais si les autorités disposent de quoi financer ces festivités, qu’est-ce qu’elles ont comme stratégie pour soutenir les femmes et les sortir de la pauvreté ? Car il faut souligner qu’à Madagascar, 81,6% des femmes sont moins susceptibles d’être employées que les hommes, selon « Women at work », le rapport 2016 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur l’emploi et les femmes. Et les femmes malagasy connaissent une situation plus difficile que leurs homologues en Afrique subsaharienne. Au Mozambique par exemple, ce pourcentage est de 62,7%, contre 33,5% en Afrique du Sud, 57,7% au Botswana. A Madagascar, seules 18,4% des femmes sont plus susceptibles d’être employées que les hommes. Cette petite proportion est à comparer à la moyenne de 56% en Afrique subsaharienne si elle est de 70,5% pour les hommes. Un grand écart est donc constaté entre la situation des femmes malagasy et de la région. Pourquoi les femmes ont moins de chance de se trouver une place sur le marché de l’emploi ?
Elles sont moins diplômées que les hommes. Elles sont nombreuses à quitter l’école plus tôt. Le système d’embauche à Madagascar s’appuie pourtant sur les diplômes et c’est tout aussi valable tant dans le secteur privé que public. Que font les initiatrices des festivités du 8 mars face à cette situation ? Rien de bien concret à part les manifestations m’as-tu-vu et tape-à-l’œil, saupoudrées de discours de propagande politique. L’on peut aussi relever les dons en tous genres qui sont loin de constituer une solution pérenne contre la pauvreté des femmes. L’emploi est un des leviers pour lutter contre la pauvreté. Mais si l’on observe les données citées ci-dessus, les femmes malagasy rencontrent beaucoup de problèmes pour décrocher un emploi. Et si elles en trouvent un, elles sont encore 52,4% à devoir évoluer dans le sous-emploi. Ce type d’emploi est l’un des facteurs de pauvreté, avec l’emploi inadéquat (l’emploi qui ne correspond pas aux compétences du travailleur). Quant au sous-emploi, il oblige l’employé à consacrer moins d’heures au travail contrairement aux normes en vigueur. Evidemment, le revenu qu’il en récolte ne peut qu’en être réduit. Or, plus de la moitié des femmes malagasy sont concernées par ce problème. Qui s’en soucie, notamment au niveau des décideurs ?
Le marché de l’emploi n’est pas le seul concerné. Il faut aussi rappeler que dans le domaine de l’héritage, la veuve est reléguée au 7ème rang dans l’ordre de succession de son défunt mari. Et dans certaines régions, les filles n’héritent pas de leurs parents. Elles sont censées se marier et abandonner le patrimoine de leurs parents pour s’attacher à celui de leurs maris. Ce problème est culturel et non pas légal. Si les discriminations envers les filles ne sont pas tellement observées à Madagascar, il y a, par contre, des situations qui méritent d’être revues, ajustées et réformées pour que la gent féminine jouisse des mêmes droits que les hommes. Les questions sur l’héritage en font partie.
Fanjanarivo