Période post-cyclonique: Au moins 5 ans pour se relever des dégâts d’Enawo

Tout aussi intense que Gafilo en 2004, le cyclone Enawo risque fort de provoquer d’importants dégâts sur les habitations, les rizières, les infrastructures socioéconomiques (barrages hydro agricoles, routes, marchés, écoles, centres de santé etc.). Et l’on ne doit pas oublier les pertes enregistrées par les ménages victimes. A Maroantsetra par exemple, les mobiliers et autres biens des ménages ont été sous l’eau, si des animaux d’élevage ont été emportés. Dans la capitale, de nombreux ménages des bas-quartiers ont dû quitter leurs maisons pour s’abriter ailleurs. La sensibilisation et les actions d’urgence sont en cours. Mais après l’urgence, il faudra reconstruire. Ainsi, le pays aura à déployer des efforts conséquents et supplémentaires pour se relever des dégâts laissés par Enawo. Et ce relèvement devra se faire en moyenne sur 5 ans, si l’on se réfère aux données de la Banque mondiale sur la période de relèvement nécessaire après le passage d’un cyclone. Autrement dit, les séquelles laissées par Enawo ne seront résorbées qu’en… 2022 ! L’actuel régime et celui qui lui succédera auront donc la lourde tâche de reconstruire le pays après Enawo.

Pour le moment, le profil du successeur de Hery Rajaonarimampianina n’est pas connu, à moins que ce dernier ne succède à sa propre succession. En attendant, le pouvoir en place excelle dans la lenteur. Il lui sera donc difficile de mettre rapidement en place des mesures efficaces pour donner aux ménages victimes un coup de pouce après les actions d’urgence. Car tout ne doit pas s’arrêter à l’urgence. Les soutiens pour le redémarrage des activités économiques des ménages et des entreprises sont tout aussi importants. Et l’on ne parle pas de la reconstruction et de la réhabilitation des infrastructures endommagées. Or, la lenteur du régime actuel est phénoménale. Il n’y a qu’à revenir sur le soutien des bailleurs de fonds. Dépourvu de stratégie pour réduire la dépendance envers les aides extérieures, le régime a mis 3 ans durant pour convaincre les bailleurs à promettre d’importants financements pour Madagascar. La lenteur a également porté sur les nominations des premiers ministres et la formation des gouvernements, les gros retards pris dans la nomination du ministre de l’énergie après le décès du dernier en poste en septembre dernier… Ce secteur gravement en crise a pourtant besoin d’un ministre en plein temps et non d’un intérim qui s’occupe de deux départements en même temps. Notons aussi qu’un intérim est chargé de vaquer aux affaires courantes.

Si l’on revient sur le cyclone Enawo, il risque d’affecter la prévision de croissance économique. Celle-ci devrait se situer à 4,5% cette année, contre 4,1% en 2016. Après la sécheresse de ces derniers mois qui a beaucoup affecté l’agriculture, les inondations à la suite d’Enawo pourraient agir de même. Des régions comme l’Alaotra ont toutefois procédé à un 2ème repiquage de jeunes plants de riz après les premières pluies en février dernier. A part les dégâts matériels donc, la sécurité alimentaire est également menacée, alors que 1 enfant sur 2 souffre déjà de malnutrition chronique.

Fanjanarivo

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