Les subventions de la Jirama pourraient y subvenir !
Rien que sur ces trois dernières années, le pays a fait face à non moins de 5 catastrophes majeures. Citons la sécheresse qui a beaucoup affecté les trois régions du Sud, les inondations dans la partie ouest du pays, la sécheresse sur toute la moitié nord de Madagascar, le séisme dont l’épicentre a été à Betafo, et dernièrement le cyclone Enawo. Et entre 1994 à 2012, le document de la Stratégie nationale de gestion des risques et catastrophes recense 25 cataclysmes majeurs. Ils comprennent des cyclones, des famines, des sécheresses, des inondations. En fait, Madagascar a été frappé par 15 cyclones tropicaux rien qu’entre 2007 et 2012, soit une moyenne de plus de 3 cyclones par an. Rien que pour la saison cyclonique 2007-2008, le pays a enregistré des pertes et dégâts de 330 millions de dollars, soit 4% du PIB national. Comme quoi, le pays est très exposé aux aléas provoqués par le changement climatique. Et ces catastrophes sont sources d’importantes pertes socioéconomiques car il ne faut pas oublier les vies humaines emportées par ces cataclysmes ainsi que les sans-abri. En cas de catastrophe majeure, les besoins annuels du pays sont estimés à 36 millions de dollars, d’après les données onusiennes.
Ce qui veut dire que pour se relever des séquelles laissées par Enawo, il faudra trouver dans les 180 millions de dollars ou environ 540 milliards Ar à investir sur 5 ans. En effet, la période nécessaire pour réparer les dégâts laissés par un cyclone est de 5 ans en moyenne, selon l’estimation de la Banque mondiale. Mais il n’y a pas qu’Enawo. Les problèmes laissés par la sécheresse ayant précédé ce cyclone demeurent encore, d’autant plus qu’ils sont maintenant aggravés par l’inondation. Mais si l’on ne prend en compte que les besoins pour la période de reconstruction post-Enawo, le montant nécessaire peut être obtenu à travers l’assainissement des entreprises à participation de l’Etat. Ce dernier n’hésite pas à débloquer tous les ans des méga-subventions qui servent toutefois une poignée de population. C’est notamment le cas pour la Jirama dont les subventions ont frôlé les 300 milliards Ar en 2016. Si l’Etat, unique actionnaire de cette société nationale, prend ainsi la peine de l’assainir vigoureusement, il ne mettra même pas 2 ans pour réparer les dégâts laissés par Enawo. Mais il est fort probable qu’il préfère la solution facile, c’est-à-dire le recours aux bailleurs de fonds pour alourdir les dettes de Madagascar.
Assainir la Jirama est, en effet, difficile parce qu’il faut toucher à des gros intérêts établis depuis plusieurs décennies et qui spolient la Jirama et les contribuables. Mais en réalité, cette difficulté ne l’est pas finalement si les dirigeants décident une bonne fois pour toutes d’orienter cette entreprise vers la bonne gouvernance.
Fanjanarivo