Secteur électricité : également victime du cyclone
31 MW. C’est le gap par rapport aux besoins de la capitale (210 MW) et c’est ce qui fait revivre les affres des délestages aux Tananariviens. Des pompiers et des militaires étaient dépêchés sur place, selon le premier ministre, pour dégager le barrage d’Andekaleka et permettre à cette centrale de fonctionner normalement. Ce problème fait suite aux déchets charriés par le cyclone vers ce barrage. Ainsi en période cyclonique, cette centrale souffre de l’obstruction de son barrage. C’est l’effet de la détérioration de l’environnement sur les bassins versants en amont. Dénudés par le déboisement et les cultures sur brûlis, ces bassins versants ne retiennent plus les déchets emportés par les pluies. Comme quoi, la détérioration de l’environnement aggrave la fourniture en électricité. Car il faut aussi souligner que l’étiage empêche les centrales hydroélectriques de fournir le maximum de leur capacité faute de niveau d’eau suffisant. Quoi qu’il en soit, ces problèmes climatiques ajoutent à la crise que traverse le secteur électricité. Certes, le cyclone peut provoquer des coupures mais celles-ci ne devraient pas se traduire en longs délestages comme les Tananariviens le vivent depuis mercredi dernier. Il faut aussi noter que certaines localités sont privées d’électricité faute de carburant.
C’est aussi révélateur de la dépendance de la fourniture d’électricité au carburant. Sur les 11 premiers mois de 2016, l’hydroélectricité ne représente plus que 55,4% de la production totale, selon le calcul tiré du tableau de bord économique de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Dans les années 90 et 2000 pourtant, elle s’est encore située à 60%, contre 40% pour le thermique. Cela signifie qu’entre-temps, la production hydroélectrique a beaucoup régressé pour céder le pas au thermique. Ce n’est donc pas étonnant si les subventions pour la Jirama ne cessent d’augmenter. L’Etat a souvent promis de les réduire mais il est rare, pour ne pas dire impossible pour lui, de respecter ses promesses. Et c’est, semble-t-il, pour le plaisir de nombreux et grands opérateurs privés, fournisseurs d’électricité de la Jirama. Car il faut souligner que les centrales de ces opérateurs sont approvisionnées en carburant par la Jirama. La plupart du temps, les contrats entre eux et cette société stipulent pourtant de payer par la Jirama le volume d’électricité convenu, qu’il y ait panne ou autres problèmes qui empêchent à ces opérateurs de fournir le volume concerné. Comme quoi, ces contrats spolient la Jirama. Il est question de les auditer depuis 2014 mais 3 ans plus tard, rien ne se profile à l’horizon.
Actuellement, le recrutement du nouveau directeur général de la Jirama est dans les actualités. Mais cette nomination ne changera pas grand-chose tant qu’elle n’est accompagnée d’un vigoureux assainissement et de réformes en profondeur de la gestion de la Jirama. Rappelons, en effet, que sous Ravalomanana, un Canadien recruté à la tête de la Jirama a été viré vite fait lorsqu’il a voulu couper l’électricité des services administratifs mauvais payeurs ! Récemment pourtant, le premier ministre en personne a avancé que 40% des factures émises par la Jirama n’étaient pas payées par les abonnés ! Et il est fort probable que les clients concernés ne seraient pas les petits abonnés dont l’électricité est coupée sans discussion par la Jirama dès qu’ils ne paient pas leurs factures.
Fanjanarivo