Sentinelle: Osons la vision à long terme …

En matière d’orientation politique, les concepts de droite ou de gauche continuent à être occultés par tous les partis existants dans le pays. Effectivement, tout le monde est obnubilé par la lutte contre la pauvreté qui se trouve être le premier souci des malgaches.  Mais ces faits nous font aussi entrevoir que les objectifs à long terme sont loin de prendre  le pas sur l’urgence sociétale dans laquelle vivent nos concitoyens aujourd’hui. Nos gouvernants sont actuellement submergés par les doléances de la population qui survit  non seulement dans la pauvreté, mais aussi dans des problèmes sociétaux inextricables à l’instar des embouteillages, du délestage, de la sécurité, de la cherté de la vie et tant d’autres encore…Ces manquements au mieux vivre ensemble ont réussi à focaliser l’attention de tout un peuple désappointé par cet état de fait.

La lenteur dans la réactivité étant le point faible de nos dirigeants, il s’ensuit que l’enlisement dans l’incompréhension mutuelle de l’administration et des administrés est inéluctable. En attendant, le torchon brûle car des foyers de tension apparaissent un peu partout dans l’île, défiant les lois malgaches en vigueur comme celle concernant la vindicte populaire. Notre bateau Madagascar risque de sombrer dans les abysses du non droit si des mesures drastiques ne sont pas appliquées prestement. La mise en exergue de ces manquements dus à la lenteur perçue dans tous les domaines  démontre l’incapacité de nos dirigeants à dépasser les objectifs à court terme. Effectivement, comme l’ont fait auparavant  les teneurs successifs  du pouvoir,  encore une fois ils se sont empêtrés dans le piège du copinage politique, en faisant sauter de leur place les techniciens responsables de la continuité d’un projet. Cet éternel recommencement n’est pas garant de la pérennité d’une action de développement durable. C’est vrai que nos politiciens sont incapables non seulement de voir plus loin que le bout de leur nez, mais ils sont aussi des couards qui manquent de volonté pour faire changer  définitivement  ce pays. Eh oui, notre pays possède beaucoup de potentiels mais il est miné par l’insuffisance avérée dans la projection d’avenir, il baigne dans la corruption, il subit le trafic d’influence de tout genre, il entretient la démagogie et les pulsions mercantiles de ses dirigeants.

Je voudrai réitérer ici que les valeurs comme la redevabilité (chère au raffermissement de la convivialité des malgaches), envers la famille, les amis une fois qu’on acquiert un poste important dans l’administration publique doit être abandonnée. Trop d’état d’âme d’un dirigeant au pouvoir est une faiblesse, car il constitue les prémices d’un trafic d’influence, du népotisme et de la corruption. Pour faire avancer ce pays, ces atermoiements psychiques ne sont plus de mise, le prix du développement est à ce prix. Ce qui veut dire qu’il nous faut avoir un régime fort osant braver la pression sociale en prenant des mesures idoines aux problèmes qui se présentent. En effet tout changement entraîne des réactions plus ou moins violentes de la part de la population.  Souvent la peur de perdre des voix électives ou la peur de sauter d’un poste de responsabilité bien rémunéré empêche la bonne prise de décision où sied le courage et la volonté d’aller de l’avant. De cela découle le statut quo qui s’est installé depuis des dizaines d’années nous enchaînant à la médiocrité responsable de notre stature de nation sous-développée.

Evoquons maintenant certains domaines exigeant les qualités de détermination d’un responsable visionnaire digne de ce nom. En prenant pour exemple la ville d’Antananarivo.

a) Dans la ville basse, il s’agit d’oser raser toutes les constructions de moins de 4 étages et d’ériger  des buildings à leurs places. Pour cela, on fera appel aux entrepreneurs immobiliers qui  seront ravis de cette aubaine car on disait bien : « Quand le bâtiment va, tout va ». C’est vrai qu’il est vraiment désolant quand dans une ville qualifiée de grande à Madagascar, on voit encore en plein centre de la capitale, des petites constructions surannées d’un ou de deux étages prendre des places qui peuvent servir à l’intérêt général du relogement d’un peuple aux abois. Des réquisitions étatiques peuvent être faites pour la construction de nouveaux et modernes bâtiments surélevés à l’instar des villes de notre siècle. Ces buildings  peuvent être convertis en logements sociaux comme ils peuvent aussi servir de bureaux ou même de point de vente. Des mesures humanitaires d’accompagnement peuvent être prises en donnant un étage ou plusieurs aux propriétaires des lieux. Les promoteurs potentiels bénéficieront du surplus d’étages qu’ils vont créer dans le futur. Une indemnisation de relogement du propriétaire sera octroyée par le promoteur durant le temps imparti pour la construction du nouvel immeuble. Ce mode opératoire est un deal honnête surtout pour un propriétaire  dans l’incapacité financière d’exploiter à bon escient son espace.

b) A propos des égouts et de l’élargissement des rues (trottoirs compris), on peut profiter de tout ce chantier de reconstruction d’Antananarivo pour les mettre aux normes. Il sera de bon aloi de refaire de nouveaux traçages des rues de la ville, de créer de  nouveaux réseaux de circulation en utilisant le tramway ou des  ponts suspendus qui la traversent pour le désencrassement des embouteillages.

c) Il faut aussi construire des structures étagées de parkings tout en  gardant intacts nos monuments historiques comme l’avenue de l’indépendance,  la gare de Soarano et le stade de Mahamasina.

  d) Dans la ville basse qui s’étend sur la plaine du Betsimitatatra,  afin d’éviter les remblais sauvages faits par des gens inconséquents qui persistent à construire dessus (ce phénomène gagne du terrain sans qu’il y ait des mesures prises pour l’enrayer), il faut au minimum  une intervention étatique qui prévoit et impose :

1) le respect d’un urbanisme qui sera en vigueur dans cette zone, comme  par exemple au niveau de l’alignement des constructions futures,

2) des bâtiments ou maisons sur pilotis avec une hauteur imposée pour faciliter l’écoulement d’eau en période de pluie.

Pour en finir, Antananarivo est en train d’imploser et elle a besoin d’un nouveau souffle pour un nouvel élan. Les grandes innovations sont nées et mises en chantier par des gens ambitieux doués de volonté occultant un esprit démagogique avéré. Il est clair que pour oser entreprendre des réformes drastiques pareilles, le responsable doit avoir une volonté de bâtisseur d’une nouvelle nation prêt à affronter le défi des temps modernes.

Max Randriantefy

Ajouter un Commentaire