Alimentation: 2 fois par jour pour de nombreux ménages

Le kilo du riz de qualité comme le makalioka frôle maintenant les 2 000 Ar dans la capitale, s’il avoisine les 1 600 Ar dans des zones comme Ankazobe. Il y a seulement quelques semaines, le même produit valait encore 1 500 Ar/kg, notamment dans la capitale. Pour l’accompagnement du riz, il faut au moins 1 000 Ar par repas pour un ménage de 4 à 5 personnes. Résultat : le revenu quotidien de nombreux ménages ne leur permet plus de préparer 3 repas par jour. Ces foyers doivent donc se contenter de 2 repas par jour, soit un petit-déjeuner et un souper très maigres. Même pas de quoi remplir le ventre et l’on ne parle plus de la qualité nutritionnelle des repas. Malgré cette grave situation, les dirigeants semblent ne pas montrer le bout de leur nez, rien que pour avancer quelques solutions. Ils se vautrent trop dans le confort pour s’en préoccuper. Après le Sud donc, une insécurité alimentaire critique, voire la famine guette les ménages de nombreuses régions et la capitale en fait partie. Et ce problème n’est pas pour la prochaine soudure mais pour maintenant. En effet, la production de riz de contre-saison pour la campagne 2016-2017 affiche un gap de 80%, selon les données du ministère en charge de l’agriculture. Il faut donc combler ce manque par les importations dont le volume mensuel habituel est de 30 000 tonnes selon le ministère du Commerce.

Mais soit la révision à la hausse du volume des importations n’a pas eu lieu et l’offre ne suit donc pas la demande, soit des spéculateurs profitent de cette situation alimentaire critique pour augmenter les prix. Il appartient aux autorités concernées de voir de près ce problème qui ne concerne pas uniquement la capitale, mais aussi de nombreuses régions du pays. Sans cela, l’on risque fort de connaître la même crise du riz qu’en 2004, période pendant laquelle le kilo a grimpé jusqu’à 3 000 Ar/kg. Déjà que le pays doit composer avec la pauvreté et l’extrême pauvreté, une telle éventualité ne peut qu’aggraver les choses. Notons que la flambée actuelle des prix des denrées alimentaires fait maintenant l’objet de débats sur les ondes de radios privées. C’est ainsi que des animateurs parlent de la hausse parallèle de l’indice des prix à la consommation (ou de l’inflation) et de l’indice d’attaques à domicile ! En effet, l’on constate une certaine recrudescence des vols d’ustensiles de cuisine, de volailles et d’autres biens stockés en dehors ou dans des pièces attenantes de la maison. Or d’habitude, ces vols-là ont souvent cours avant la période des fêtes de fin d’année. Mais faute de revenu pour nourrir leurs familles, des pauvres continuent à voler.

La forte inflation actuelle oblige aussi des parents à déscolariser leurs enfants, même si l’année scolaire n’est pas près d’être bouclée. Les enfants des plus pauvres sont les plus concernés. Leurs parents sont des lavandiers, des dockers, des hommes et femmes à tout faire, des coursiers… Les études doivent passer après la nourriture et comme ces ménages ne disposent pas déjà de suffisamment d’argent pour se nourrir, l’école peut attendre. De nombreux pères et mères de famille affirment qu’ils n’ont jamais vécu une situation comme celle qu’ils vivent actuellement. Car ils ne peuvent même pas nourrir correctement leurs familles. (Voir, également, articles, par ailleurs.)

Fanjanarivo

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