Emploi des jeunes : un casse-tête que l’Etat n’arrive pas à résoudre

Madagascar va participer à la conférence ministérielle de l’Afrique centrale sur l’emploi des jeunes en Afrique le 7 février prochain à Yaoundé au Cameroun. C’est ce que le ministère de l’emploi, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle a communiqué au conseil de gouvernement de cette semaine. Même si sur le plan géographique, Madagascar n’appartient pas à la région citée, une telle conférence pourrait apporter au pays. Les jeunes malagasy souffrent, en effet, du manque d’emplois, alors qu’aucun mécanisme solide et pérenne n’est en place pour les inciter et les aider à se lancer dans l’entrepreneuriat. Ils font donc face à une vraie impasse qui les plonge dans la pauvreté : plus de 7 jeunes sur 10 vivent dans la pauvreté et seuls 4% ont leurs propres entreprises, d’après les données du Bureau international du travail (BIT). Or, le climat des affaires n’est pas assez attractif pour booster l’investissement et donc pour créer de nouveaux emplois. Certes, des offres d’emplois sont balancées tous les jours sur les ondes des radios, mais elles sentent souvent l’arnaque. En effet, les jeunes sont recrutés à l’essai et sont renvoyés au bout de cette période.

Ils doivent ainsi travailler dans des mauvaises conditions, ne bénéficient pas de cotisations sociales… Et ces entreprises se bornent à n’embaucher que des stagiaires tout au long de l’année pour éviter de payer ces cotisations. Et l’on ne parle plus des autres modes d’arnaque perpétrées par des petites entreprises formelles ou informelles pour flouer les jeunes désespérément en quête d’emploi. Pour le cas de la capitale, de nombreux jeunes ont pu collecter quelques milliers d’ariary par jour pour se nourrir grâce à des petites activités comme la vente de légumes et autres produits sur les trottoirs. Mais ce n’est plus le cas maintenant. La commune urbaine d’Antananarivo les chasse sans arrêt. Certains doivent se contenter de la vente à la sauvette dans les embouteillages. Et ce n’est pas avec le budget très maigre du ministère de l’emploi que l’on va changer les choses. Ce ministère ne dispose que de 0,7% du budget public pour cette année 2017, soit 48,5 milliards Ar. Avec les ministères de la culture, des Postes, des mines, des ressources halieutiques, de la communication, du tourisme ou encore de l’industrie, il fait partie des secteurs les plus pauvres en termes de budget public. Toutefois, les jeunes occupent une place prépondérante dans la démographie du pays. Et le chômage les affecte gravement, qu’il se déguise en sous-emplois ou en emplois inadéquats.

La participation de Madagascar à la conférence citée ci-dessus va-t-elle changer un tant soit peu la situation ? Il faudra attendre pour voir et en juger les résultats. Car il n’est pas rare que la participation malagasy à de telles rencontres internationales se résume à un simple acte de présence suivi de shopping et de tourisme. Il s’agit pourtant de deniers publics. Or, si les jeunes reçoivent le soutien dont ils ont besoin, ils devront constituer un important levier de développement pour le pays.

Fanjanarivo

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