Changement climatique: Les activités minières, parmi les sources principales

Si dame pluie a daigné arroser la capitale dans la soirée du 26 janvier après plus de 1 mois de sécheresse, l’on ne peut pas pour autant compter sur une bonne production pour la campagne agricole 2016-2017. En effet, beaucoup de rizières sont trop asséchées pour donner un bon rendement et d’autres n’ont même pas été repiquées faute d’eau. Ces aléas du changement climatique résultent, entre autres, de la déforestation. Et il faut noter que les activités minières figurent parmi les trois premières causes de la déforestation et de la dégradation des forêts à Madagascar, selon le Plan national de développement (PND). Il s’agit notamment des activités minières exercées par les petits exploitants. Et ce cas s’observe notamment lors des ruées pour l’or ou pour d’autres pierres précieuses comme le saphir. Les gisements concernés se trouvent souvent proches ou même dans l’enceinte d’aires protégées. Or, les aires protégées sont parmi les rares surfaces à compter encore des forêts sur des superficies continues, dans la mesure où le pays a vu disparaître 90% de ses ressources forestières. Ces aires constituent ainsi une sorte d’îlots de forêts et de biodiversité au cœur d’un pays au sol nu ou recouvert de savane et de quelques forêts clairsemées et disséminées par-ci par-là. Seulement, les autorités n’ont pas de stratégie efficace pour gérer les petites mines tout en intégrant et en soutenant les exploitants.

Pire, certains hauts responsables et/ou leurs proches et amis sont impliqués dans ces activités. Et quand c’est le cas, ils n’hésitent pas à brandir les armes pour soi-disant gérer les périmètres concernés. Mais en fin de compte, c’est pour chasser les petits exploitants et mieux profiter des richesses du sous-sol, qu’il s’agisse d’or ou de pierres précieuses. Or, cette exploitation minière toujours assortie de saccage d’aires protégées provoque d’autres problèmes. Citons les menaces sur la biodiversité (faune et flore), la pollution des ressources en eau et des sols, les effets induits et néfastes sur le développement dont notamment agricole. Et le pays est en train de vivre ces effets, lesquels s’accompagnent d’une flambée sans précédent des prix du riz et des denrées alimentaires. Toutefois, les consommateurs ne sont pas les seuls à souffrir de cette situation. Le PND précise : « Pays à vocation agricole et abritant 2 à 5% de la biodiversité mondiale, l’économie des ménages majoritairement ruraux et celle du pays en général, repose principalement sur ces espèces faunistiques et floristiques qui constituent les matières premières pour ses activités de production. Par conséquent, la croissance économique de Madagascar ne peut être dissociée de ces ressources biologiques quel que soit le secteur d’activité à développer et qui doit internaliser dans ses pratiques la bonne gouvernance de ces ressources : préservation participative, restauration systématique, utilisation rationnelle, exploitation raisonnée ».

Fanjanarivo

Ajouter un Commentaire