Cars Adema : disparu d’Ivato
En quittant l’aéroport d’Ivato pour rejoindre la capitale, on cherchera vainement les cars Adema, habituellement stationnés dans un coin du parking. Ces véhicules ont disparu et la navette Ivato-Tana (et retour) a été supprimée. Les voyageurs sont contraints de se rabattre sur les taxis agréés (environ 100 000 ariary), ou de sortir de l’aire de l’aéroport et de héler un taxi ordinaire (environ 50 000 ariary). On mesurera la différence quand on sait que le car Adema, qui part d’Ivato pour le terminus Gare de Soarano, facture le trajet à 10 000 ariary.
A quoi attribuer la fin du service régulier Ivato-Tana, fourni par Adema ? A la suppression d’Adema et à son remplacement depuis début 2017 par le consortium Ravinala Airports. Sous cette dénomination à la fois malgache et anglo-saxonne se cache une entreprise bien française, Aéroports de Paris. Cette société française se moque des petits bénéfices et a mis une croix sur une navette qui rapporte peu. Même si celle-ci rend quand même service aux passagers, au personnel de l’aéroport et à tous ceux qui se rendent ou reviennent de l’aéroport d’Ivato.
Rappelons que c’est Ravinala Airports (avec la complicité intéressée de l’ACM, Aviation Civile de Madagascar) qui a institué une redevance de 38 euros par billet aux passagers internationaux, et 20 euros pour ceux des lignes nationales. Une arnaque qui a été dénoncée vigoureusement par les opérateurs du tourisme et de l’hôtellerie, mais qui a quand même été maintenue, probablement car en haut lieu, on mange aussi à ce râtelier. La suppression de la navette et la mise en place d’une redevance ruineuse pour le tourisme sont parlantes quant aux priorités de Ravinala Airports : les gros gains d’abord et surtout.
Si Ravinala Airports ne veut pas se charger de la navette, il devrait autoriser une entreprise de transport privée à s’en occuper. Car avec le flux de passagers facturés à 10 000 ariary, on peut tirer un bénéfice acceptable, même si le méprisant Ravinala Airports crache dessus…
A.R.
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