Jeunesse et loisirs: Les activités à argent attirent 26% des jeunes

Casino, combat de coqs et autres loisirs nécessitant de l’argent attirent 26% des jeunes. Ce chiffre date de 2010 et est tiré de l’étude « Evolution de la situation socioéconomique des ménages de la ville d’Antananarivo depuis le début de la crise politique Mcram round II – Novembre 2010 Madagascar ». Et s’il faut réactualiser cette étude, il est fort probable que la situation empire. En effet, les salles de jeux à argent pullulent et il y en a jusque dans les ruelles, notamment dans la capitale. Or, l’étude rapporte que les endroits fréquentés par les jeunes pour ces genres de loisirs présentent des dangers potentiels pour leur développement et leur épanouissement. Ces dangers sont l’alcool, la drogue, le tabac et même le sexe précoce. Or concernant les loisirs des jeunes, les activités nécessitant de l’argent arrivent en 2ème position après les sports. Ce n’est donc pas étonnant que la prise de cannabis tend à se banaliser chez de nombreux jeunes. Un centre de désintoxication estime même qu’à Tanà, plus de 7 jeunes sur 10 toucheraient au cannabis. Un problème qui provoque des graves répercussions sur leurs comportements en société et sur leurs résultats scolaires. Une chaîne de télévision a abordé ce sujet lors d’une émission avec des jeunes. Et selon eux, des jeunes de leur âge prennent du cannabis puisque c’est devenu comme une mode.

Mais comme c’est une drogue, l’accoutumance se crée facilement et s’installe, même si un jour, la mode passera. Par contre, elle occasionne d’importants dégâts physiques, psychologiques et mentaux dont certains sont irréversibles. Comme quoi, l’avenir de la plupart des jeunes est compromis. Et par ricochet, celui du pays l’est aussi dans la mesure où la démographie de Madagascar est composée majoritairement de jeunes. Ces derniers sont censés être l’avenir du pays. Mais la jeunesse semble être mal partie si l’on revient sur les problèmes évoqués plus haut. La même étude révèle d’ailleurs que le quart des personnes enquêtées (soit 24,5%) déclarent qu’ils ne sont pas du tout optimistes quant à l’avenir des jeunes. Mais quelles autorités s’en préoccupent réellement ? Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur le budget public alloué aux jeunes qui constituent pourtant plus de la moitié de la population. Si l’on fait un rapide calcul, le ministère de la jeunesse et des sports ne dispose que de 0,4% du budget pour 2017. Ce qui veut dire que le budget par tête de jeune passe de 1 400 Ar en 2016 à 1 840 Ar en 2017. Une hausse trop modeste, pour ne pas dire ridicule. En effet, elle ne vaut même pas un ticket de bus.

En réalité, la hausse du budget alloué à la jeunesse n’affiche qu’une très faible progression de 0,1% d’une année à l’autre. Mais il n’y a pas que les loisirs. La formation professionnelle et technique est également parmi les secteurs peu priorisés par l’Etat. Pour cette année, le ministère concerné ne peut s’adjuger que de 0,7% du budget public. Par contre, la présidence de la république dotée d’un effectif p négligeable face à la marée de jeunes, s’arroge 1,6% du budget public. Les jeunes comptent-ils moins que le personnel de la présidence, ses investissements et dépenses de fonctionnement ?

Fanjanarivo

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