EDITO: Mépris du régime

On est encore sidéré par l’indifférence et la désinvolture manifestée par l’Etat après le tragique accident d’un camion qui a fait 49 morts à Anjozorobe. Aucune personnalité de haut rang n’était allée au chevet des rescapés dans les hôpitaux. Le « père de la Nation » (Hery Rajaonarimampianina) et la « mère de tous les Malgaches » (son épouse Voahangy) n’ont pas cru utile de se déranger, peut-être car le district d’Anjozorobe a voté majoritairement pour le candidat Jean-Louis Robinson à la dernière élection présidentielle. Aucun geste officiel également (ne serait-ce que la mise en berne temporaire des drapeaux) pour marquer l’affliction de la nation, alors que pour un bilan moindre après le passage d’un cyclone, le deuil national a été décrété.

Le seul signal positif connu : le ministère de l’Education nationale a décidé de prendre en charge la scolarité des enfants devenus orphelins suite à l’accident. Mais quel crédit y accorder ? Après la terrible correction administrée par les forces de l’ordre à l’étudiant Jean-Pierre par les forces de l’ordre par exemple, la Gendarmerie nationale, par la voix du ministre et général Herilanto Raveloharison, a annoncé la prise en charge des soins accordés au supplicié. Interrogé plus tard, ce dernier a déclaré n’avoir rien reçu du tout, ni aide ni remboursement…

Les propos tenus par le chef d’Etat sur le sujet pourraient expliquer le mépris manifesté par le régime à l’endroit des accidentés d’Anjozorobe : le chauffeur était en infraction car en état d’ébriété, de même que le camion qui n’aurait pas dû transporter des passagers. Signalons un fait : ce camion a circulé dans les campagnes du district d’Anjozorobe pour ramasser et convoyer les passagers qui se rendaient à une noce. C’est-à-dire sur des routes de terre battue défoncées que, en dehors des 4X4, seuls les camions pouvaient emprunter. Si le régime avait fait le nécessaire pour bitumer ces tronçons situés à seulement 90 kilomètres de la capitale, ce dramatique accident ne serait pas survenu…

A. R.

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