Embouteillages: Sources de pertes économiques

La pluie d’une seule soirée, celle du 8 février dernier, a provoqué des embouteillages monstres le lendemain, soit hier et plus particulièrement dans la matinée. Presque tous les quartiers de la capitale ont connu ce problème et pour un trajet que l’on fait habituellement en bus en une demi heure ou en 45 min, il fallait poireauter jusqu’à 1h30 pour atteindre la destination. Ce qui fait que bon nombre d’employés étaient arrivés en retard à leur travail. Pour ceux qui sont rémunérés à la tâche ou à l’heure, ces gros bouchons n’ont fait que rogner sur leur revenu. Et par les temps qui courent, rares sont les Tananariviens à pouvoir afficher un revenu confortable. Certes, les bus brinquebalants côtoient des 4×4 rutilants et révèlent les inégalités de plus en plus marquées, mais la pauvreté urbaine est telle que beaucoup de gens optent pour le déplacement à pied. Quant aux salariés rémunérés mensuellement surtout dans le secteur privé, les retards ne sont pas souvent tolérés. C’est compréhensible dans le sens où les entreprises luttent pour maintenir un certain niveau de productivité dans un climat des affaires difficile. Rappelons que la capitale à elle seule génère 55% du PIB national, c’est-à-dire les richesses créées tous les ans au niveau du pays.

Les embouteillages sont un des freins au développement de Tanà et par la même occasion du pays, étant donné sa place dans le paysage économique. Les quelques nouvelles routes comme celles de la francophonie, le boulevard de l’Europe ou encore le by-pass n’arrivent pas à résorber le flux de circulation. Notons que le parc automobile affiche en moyenne une croissance de 7% par an selon les données de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Mais qu’en est-il du patrimoine routier ? Les nouvelles routes se construisent au compte-gouttes et apparemment, les dirigeants ne prévoient pas un développement en continu de ce secteur. Celui-ci dépend de l’argent versé par les bailleurs de fonds. Or, la prévisibilité de l’aide laisse beaucoup à désirer surtout pour un Etat fragile comme Madagascar où les réformes peinent à produire des fruits. Les bailleurs de fonds conditionnent pourtant leurs financement pas des réformes économiques, une lutte musclée contre la corruption, etc. Si l’on revient sur les embouteillages, les passagers qui y sont coincés sont terrassés par la chaleur. Ce qui rend pénible la longue attente dans le véhicule d’autant plus que la pollution atmosphérique générée par les gaz d’échappement des véhicules n’arrange pas les choses. En fait, Tanà tend à être enveloppée d’une chape de pollution depuis quelques jours.

Quant à la pluie de la nuit du 8 février, elle a inondé certains quartiers et l’évacuation de l’eau n’a pas été facile. Certains bureaux du côté d’Ivandry ont même vu leur cour inondée. Ce qui a obligé les employés à ôter leurs chaussures, si certains ont demandé à leurs collègues de les prendre sur leur dos ! Dans d’autres quartiers, la pluie a creusé encore plus les trous dans les chaussées. Ce problème ralentit la circulation de manière très significative parce que les automobilistes n’entendent pas abimer leur véhicule. Aucune solution plus efficace n’est pourtant pas avancée par les autorités tant communales que centrales pour atténuer les embouteillages.

Fanjanarivo

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