chronique de N Razafilahy: Continuité de l’état de décadence galopante
Déjà en 2014, dans ses communiqués rendus publics et par une large majorité d’observateurs les constats sans complaisance de Sefafi faisaient état de la situation désolante qui prévaut à Madagascar. Le verdict est sans appel surtout quand « l’impasse dans laquelle se trouve à nouveau plongée la Grande Île est éthique plus encore que politique. »
Les simples citoyens se résignent malgré eux à vivre dans un contexte tel que l’intellectuel amer dans son euphémisme poétique déplore qu’à cause des décalages d’horreurs entre les discours et les actes « les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. » Inutile de s’apitoyer sur le sort d’un peuple qui n’a que les dirigeants qu’il mérite. Après les années de braises qui avaient suivi la prise de pouvoir par effraction de Marc Ravalomanana en 2002 et les errements institutionnels d’une Révolution Orange qui avait déçu même ses propres pères géniteurs, on ne pouvait pas s’attendre à des miracles économiques. Le système de gestion des affaires étatiques prôné au profit du parti TIM au service du groupe tentaculaire TIKO ne pouvait apporter rien d’autre pour Madagascar qu’une colonisation déguisée des régions périphériques pour en tirer le maximum de ressources financières, agricoles et minières. L’homme fort du moment n’arrêtait pas d’accaparer les biens fonciers de l’Etat et du privé pour en devenir propriétaire. Le commun des mortels n’avait connu que l’affaire Daewoo. Il y avait pire. Ces périmètres d’exploitation accordés aux grandes de Moramanga, Toamasina et Fort-Dauphin n’étaient qu’une infime partie des surfaces immenses que Marc Ravalomanana était sur le point de céder à des puissances financières étrangères. Les évènements de 2009 et sa fuite précipitée n’ont pas permis de finaliser des véritables braderies du sol national. Propriétaire actuellement de SPHOPERITE du plus grand complexe commercial d’Afrique et de Madagascar, ce filou monopoliste tente de se refaire une virginité politique qu’il a perdue depuis ces investitures à répétition qui l’a permis de devenir Président de la République à titre putatif. Il rêve d’un retour dans un palais d’Etat par la grande porte. Avec le soutien naïf des dupes de Babay et Lohavohitra. Comme si pomper malicieusement les deniers qui devaient revenir à l’Etat par le biais de GasyNet et cet aspirateur de taxes géant de MICTSL à Toamasina ne lui suffisait pas, le revoilà en train de courtiser les dirigeants actuels pour devenir son complice dans on ne sait quel combines malsaines pour voler le pays dans un style « rapide et durable ». Les fonctionnaires des douanes sont aux aguets.
Le comble dans ce drame continuel sans qu’on puisse réagir de manière efficace est de constater que dans l’entourage même de l’actuel président de la République, les loups sont dans la bergerie et sape le pouvoir de l’intérieur. Si bien qu’apparemment le pouvoir semble se complaire dans l’autosatisfaction, donnant l’impression d’occulter le quotidien de la population et les vrais problèmes du pays (…) Au point de pousser les décideurs à faire passer les intérêts familiaux ou ethniques avant ceux de la nation témoigne d’un manque total du sens de l’intérêt général. Selon Sefafi toujours il y a cette « propension à faire profiter les membres de sa famille des avantages que donne le pouvoir contredit les meilleurs discours sur la transparence. Qu’il s’agisse de la nomination de parents à des postes pour lesquels ils n’ont pas la compétence requise, ou de faire profiter des membres de sa grande famille de privilèges tels que des voyages à l’étranger, ce sont là autant d’actes répréhensibles de népotisme. Pour un responsable d’État, faire passer les intérêts familiaux ou ethniques avant ceux de la nation témoigne d’un manque total du sens de l’intérêt général. Ce fléau, reconnaissons-le, est profondément incrusté dans nos pratiques sociales, dans le secteur public comme dans le privé, et à tous les échelons de la hiérarchie. » Enfermé dans son tour d’ivoire, sans qu’il s’en aperçoive, le président Hery Rajaonarimampianina est-il conscient de ce qui se trame sous son propre toit ? Ou bien trop sûr de lui, il se croit à l’abri des traîtrises, au point d’oublier cette maxime qui dit que « Les hommes ne sont presque jamais trompés que par eux-mêmes. »