Financements extérieurs: Les 10,2 milliards US$ pour le prochain régime !
A condition que les élections présidentielles se passent bien ! En effet, la capacité d’absorption du gouvernement sous l’actuel régime est trop faible pour dépenser la manne de 10,2 milliards de dollars promis dernièrement par les bailleurs de fonds à Paris. Si l’on revient sur la loi de règlement 2014, l’Etat n’a pu dépenser que 77,7% des crédits définitifs, conte 78,5% en 2015. Ses dépenses n’ont même pas atteint les crédits inscrits dans la loi de finances initiale de 2014, alors qu’il a élaboré une loi de finances rectificative pour augmenter les crédits de plus de 26%. Où va le résultat de cette grosse différence ? Car entre les crédits prévus dans la loi de finances rectificative et les dépenses effectives, il y a une différence de près de 954 milliards Ar. Il faut relever en passant que des rumeurs ont toujours circulé que des hauts responsables, des directions et services centraux profitent de la faible capacité de dépenses de l’Etat pour empocher cette différence tous les ans. Si elles sont fondées, il s’agit tout simplement de détournement de deniers publics. Et l’on pourrait aussi avancer que ces responsables font tout pour augmenter, tous les ans, les besoins en financement de l’Etat tout en sachant pertinemment que ce dernier est incapable d’ingérer plus que le budget proposé.
Si l’on revient sur la différence entre le budget prévu et les dépenses effectives pour l’année 2014, il faut souligner qu’elle est environ 4 fois les méga-subventions annuelles allouées à la Jirama. Ce qui signifie que si l’Etat veut continuer la solution à court terme pour cette société et qui ne résout même pas les délestages, il peut financer sur 4 ans ces subventions rien qu’avec le budget non dépensé en 2014. Si l’on revient sur sa capacité d’absorption, l’exemple donné ci-dessus permet de révéler sa grande faiblesse qui n’est pas à même d’engloutir en peu de temps les 10,2 milliards de dollars évoqués plus haut. Même si les dirigeants vont prendre le risque de lancer simultanément de nombreux chantiers à gros investissement comme les routes, les ports et aéroports, il est quasi-impossible de dépenser en 2 ans cette manne. Car il faut signaler en passant que cette approche peut provoquer des fortes poussées inflationnistes à travers l’importation massive de matériels, d’engins et d’intrants. En face en effet, l’exportation ne suit pas et le déséquilibre entre l’offre et la demande en devises peut ainsi contribuer à faire monter le coût de la vie. De quoi pénaliser encore plus les ménages et les entreprises déjà très affaiblis par la crise socioéconomique.
Sinon, les promesses d’aides à Paris si elles se matérialisent, seront en majorité pour le prochain régime vu l’actuelle et faible capacité d’absorption de l’Etat, à moins que le pouvoir en place ne veuille briguer un second mandat et séduire ainsi les électeurs par cette manne dont le décaissement se fait attendre. En 2014, l’Etat n’a dépensé que 1,4 milliard de dollars si l’on convertit ses dépenses en dollars ! Il faut aussi souligner que seuls 40,7% des indicateurs de performance ont été atteints sur les 847 fixés. Comme quoi, il y a beaucoup à faire pour améliorer un tant soit peu le quotidien des Malagasy. Celui des dirigeants s’inscrit toutefois dans le luxe enrobé d’une kyrielle d’avantages et de privilèges. Si les élections sont justes, il est évident que les électeurs laisseront aux oubliettes ces dirigeants-là.
Fanjanarivo