CHRONIQUE DE N RAZAFILAHY: On change de Premier ministre et puis après ?

Depuis le temps qu’on en parle, les gens commencent à trouver que la plaisanterie n’a qu’assez duré. Qu’on largue ce faiseur d’élection qui avait permis à tous les élus actuels depuis le Président de la République Hery Rajaonarimampianina jusqu’aux conseillers municipaux en passant par les députés et les sénateurs, d’être ce qu’ils sont aujourd’hui, la population ne voit pas trop   pourquoi il faut applaudir ou ne pas applaudir. Qu’on mette la place de Mahafaly Olivier n’importe quel politicard ambitieux ne changera rien à l’état des choses que vivent jour après jour.

Le pays s’appauvrit de manière lamentable. Et ce n’est pas parce qu’il faut déshabiller le nommé Mahafaly Olivier de ses habits de Chef de gouvernement pour habiller un Tazafy ou un autre, qui va changer quoi que ce soit au sein de cette situation désastreuse. Qu’on se débarrasse de tous ces ministres et mettre à leur place des anges descendus du ciel, la situation politique et économique en général et le climat social en particulier ne pourra pas s’améliorer ne serait-ce que d’un iota. Tant que la volonté politique et la détermination du Chef Suprême des armées de ne chercher que le Bonheur de ses concitoyens ne seront pas effectives, il n’y aura rien à espérer de ce système sous la coupe du parti HVM. Ces rumeurs sur l’éventualité d’une démission de l’actuel Premier ministre sur insistance des ténors du parti présidentiel n’intéressent plus personne. Il n’y a que trois pelés et un tondu qui s’imaginent avoir été chargés de jouer les chasseurs de têtes qui, avec la force de dissuasion de ceux qui sont suffisamment motivés et bien sûr payés pour, qui consultent sans conviction les quelques têtes de politicards naïfs qui rêvent de passer les prochaines nuits sous les toits du Palais de Mahazoarivo. Lui, l’actuel locataire Mahafaly Olivier, il n’en fait tout un plat. Assuré de rempiler en cas de remaniement, il croit dur comme fer qu’on ne se débarrasse pas aussi facilement comme on change de chaussette, du chef d’orchestre de la manipulation des votes et des électeurs par l’administration territoriale. Surtout qu’à l’approche de l’échéance de 2018, celui qui veut se succéder à lui-même n’a pas intérêt à changer de monture.

De l’avis des observateurs sérieux pourtant, Mahafaly Olivier, même crédité d’une réputation pas très honorable sur les déroulements des votes, Mahafaly Olivier est considéré par l’opinion comme le maillon faible du système actuel. Non seulement, il traîne toute une batterie de casseroles pas très reluisantes sur des tas de faits auxquels, il ne pourra que difficilement se disculper. Mais le geste « sacrilège » diffusé en boucles par les médias sur un fait divers des plus étranges lors de la messe de commémoration de 50 ans des relations de Madagascar avec le Saint-Siège n’a fait qu’aggraver son cas face aux chrétiens catholiques. On ne blague pas avec l’Eucharistie ! Les plus graves concernent la gestion financière de quelques milliards d’Ariary des crédits destinés aux communes dans les contrées éloignées. On lui reproche les présences mal acceptées de ces prêcheurs barbus qui se meuvent comme des poisons dans l’eau sacré des religions à travers les campagnes malgaches. En tant que détenteurs des attributions et du pouvoir discrétionnaire sur la délivrance des visas et les droits de séjour des étrangers sur territoire national, on l’accuse de faire preuve d’une complaisance dangereuse. Il porte également la responsabilité de certaines mesures administratives ayant entrainé des troubles dans le milieu musulman, à cause de quelques collaborateurs véreux. Viennent ensuite les accusations malveillantes sur les imprimés administratifs, les modes de paiement en devises des redevances pour les délivrances de visas et les permis de conduire. Il est vrai qu’il n’est pas personnellement impliqués dans ces pratiques administratives douteuses, mais toujours est-il que ses proches collaborateurs engagent sa signature dans ces dossiers qui sentent l’extorsion de fonds à plein nez… Mais là où, les administrés voient d’un mauvais œil le maintien de ce Chef de gouvernement, est qu’il n’a pas su faire montre de savoir-faire pour éviter à la population toute entière les                                                                    affres de la famine et les dégâts collatéraux de la période de soudure. Pour les mangeurs de riz invétérés que sont les habitants de cette île, il s’agit là d’une faute tactique et politique impardonnable. Pour ne pas en subir les conséquences, le Président de la République a intérêt à sacrifier son Premier ministre en le faisant «sauter» comme n’importe quel fusible ! Il aura beau jouer sur la fibre sensible de son statut de «favori du Palais d’Iavoloha». Les carottes sont cuites, il doit faire ses valises et ses cartons. Autrement, il ne sera pas possible de garantir une « élection inclusive, démocratique » comme le souhaite la communauté internationale selon les vœux de l’Union Européenne.

Commentaires   

0 #2 ah bon ? 13-02-2017 10:26
Désolé pour vous mais on était loin d’être a genoux du temps de Marc Ravalomanana.
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0 #1 Manjakavahoaka 12-02-2017 08:41
Ce qu’a déclaré l’Union Européenne n’est pas un voeux mais une injonction.
Elle contraint la partie Malagasy à re-élire ceux qui ont pillé et mis à genoux ce pays.
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