Gouvernement d’ouverture : un marché de dupes
Le régime envisagerait de former un gouvernement d’ouverture. L’initiative est intéressante pour deux raisons. Premièrement, le régime a la lucidité et l’humilité de reconnaître qu’il vaut mieux partager le pouvoir plutôt que le perdre. Acculé au mur, il a trouvé la solution politique à ses insuffisances. Ce n’est pas la meilleure mais la moins pire. Deuxièmement, la manœuvre est habile car, en tendant la main à Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy, le Chef de l’Etat actuel fait semblant de les inclure dans le cercle du pouvoir pour les rendre responsables avec lui du fiasco socioéconomique actuel. Un gouvernement d’ouverture pose au moins deux interrogations. Tout d’abord, la nouvelle répartition des postes entre les différentes mouvances va-t-elle donner lieu à une interminable foire d’empoigne alors que la population exige une réponse rapide à ses problèmes quotidiens ? Ensuite, lequel des trois protagonistes précités sera le premier à rompre l’harmonie de façade et remettre en cause le consensus pour faire cavalier seul dans la perspective de l’élection présidentielle ? On a bien compris que la mise en place d’un gouvernement d’ouverture ne réjouit pas le régime et qu’il ne s’y soumet que pour satisfaire les bailleurs en vue d’obtenir un déblocage des financements. Dès qu’une partie des fonds aura été versée, il est certain que les appétits reprendront le dessus et que l’union circonstanciée et contre-nature volera en éclats.
PN et Ranary