Décentralisation économique: Encore un vain mot !
Les subventions pour les 1 693 communes ne représentent que 0,3% du budget alloué aux ministères et institutions publiques pour cette année 2017. A Mahajanga pourtant, le président de la république Hery Rajaonarimampianina a parlé dernièrement de décentralisation économique. Pour l’heure donc, ce type de décentralisation n’est qu’un vain mot. Car au niveau de l’Etat, il n’est pas accompagné d’une mesure budgétaire conséquente. Avec un total de 20,340 milliards Ar pour toutes les communes, il est illusoire de combler les différents gaps économiques auxquels font face ces collectivités. Citons l’insuffisance voire le manque d’infrastructures économiques dans de nombreuses communes. Ce problème concerne plusieurs secteurs dont les transports, l’énergie, les télécommunications et les TIC, les infrastructures agricoles… Mais tout ou presque part de l’Etat central, alors que ce dernier ne connaît pas forcément les réalités et les besoins locaux prioritaires. D’ailleurs, on ne peut parler de décentralisation économique si les acteurs locaux (publics comme privés) ne sont responsabilisés. Cette responsabilisation passe par l’élaboration au niveau local de politiques de développement financées en partie par l’Etat central et dont la mise en œuvre est gérée par les autorités locales.
Mais il est illusoire de parler de politiques locales lorsque l’Etat central adopte la politique de l’accaparement. Il gère tout, en effet puisqu’il s’adjuge la quasi-totalité du budget public que ce soit en termes d’octroi ou de dépenses. Les communes ne bénéficient que de maigres subventions, alors qu’elles sont sous-développées pour la plupart. En effet, seules 40% de ces collectivités sont accessibles par voie d’accès de surface tout au long de l’année. Ce n’est donc pas le cas pour les 60% restants, notamment pendant la période de pluie. Et qui se soucie d’améliorer les recettes fiscales locales pour étoffer un tant soit peu le budget de ces collectivités ? Le pays compte près de 1 700 communes et les objectifs de formation fixés dans chaque loi de finances sont loin de couvrir ce vaste effectif. Or, même les communes urbaines ont beaucoup de mal à exploiter leur gisement fiscal. Qu’en est-il des petites communes rurales ? Ainsi, la plupart des communes vivent presque exclusivement des subventions de l’Etat central. Elles assurent leurs dépenses de fonctionnement et paient les salaires de leurs employés avec. L’investissement élaboré et financé au niveau local se fait donc rare pour ne pas dire inexistant.
Et c’est pareil pour la décentralisation économique. Elle est inexistante. En réalité, ce problème a des fortes répercussions sur l’économie des régions. Rappelons, en effet, qu’Antananarivo et ses périphéries produisent plus de la moitié des richesses créées tous les ans au niveau national. Elles représentent plus précisément 55% du PIB, selon les données officielles. Le reste du pays se partage donc les 45% restants. Dans ce cas, l’on ne peut compter sur le développement inclusif tant scandé par les dirigeants et les bailleurs de fonds.
Fanjanarivo