Befandriana Nord : une commission d’enquête mixte envoyée sur place
Une semaine et des condamnations unanimes après, les évènements de Befandriana font enfin réagir positivement l’Etat. Assurant l’intérim du Premier ministre, le ministre Narson Rafidimanana a décidé hier d’envoyer sur place une commission d’enquête mixte comprenant de hauts responsables de la Police Nationale et de la Gendarmerie. Le Parlement étant inerte et peu expérimenté pour mener des enquêtes de cet ordre, on a préféré réunir les polices judiciaires issues de ces deux corps, explique-t-on de source gouvernementale.
La démarche semble indiquer qu’en dépit de la gravité des faits, on s’en tient toujours à l’application des lois en vigueur d’après lesquelles seule la police judiciare est habilitée à mener une enquête. Les récriminations faisant état d’une expédition punitive de la Police nationale accusant cette dernière, aucune conclusion émanant de ce corps ne pouvait plus être crédible. L’envoi d’une seule mission d’enquête par la Gendarmerie nationale était pour sa part délicate car risquait d’une part d’être interprétée par les policiers comme la confirmation par le gouvernement des accusations unanimes de l’opinion, et d’autre part, raviver la rivalité entre les gendarmes et les policiers.
Quoique le commandement des deux corps refuse de le reconnaître, cette rivalité existe bel et bien. Et pour ne pas envenimer la situation, un gentleman agreement s’est installé entre la Gendarmerie nationale et la Police nationale, selon lequel une affaire impliquant des gendarmes ne doit être traitée exclusivement que par des gendarmes, et pareil pour un policier. Cela date de la fin des années 90 après la tentative d’assassinat du secrétariat d’Etat à la Police, Azaly Ben Maropufe, à Mahajanga. Cette commission mixte dépêchée à Befandriana Nord est-elle le début tant attendu pour casser cette espèce d’ accord qui a cultivé un corporatisme malsain au sein de nos forces de l’ordre ?
Toujours est-il que si sa réaction a pris du temps, le gouvernement a pour une fois su manoeuvré en ménageant les policiers tout en essayent de rétablir la confiance avec la population qui réclame la vérité et surtout des sanctions sévères contre les responsables de ces évènements. D’après nos sources, les consignes données par le numéro 2 du Gouvernement vont dans ce sens. Reste à l’appliquer effectivement sur le terrain où sans préjuger de quoi que ce soit, les personnes déferrées hier au parquet de Befandrianana Nord sur l’assassinat des 2 policiers devraient être élargies. C’est pour instaurer un climat d’apaisement sur place et sans doute libérer la peur des habitants sans lesquels la commission mixte d’enquête aurait des difficultés à réussir leur mission.
Sa