édito: De nombreux obstacles

La Journée internationale des femmes est célébrée le 8 mars dans de nombreux pays à travers le monde. C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, culturelles, économiques ou politiques. Mais dans le pays, entre un souhait et sa réalisation, se dressent de nombreux obstacles.

En matière de genre, rapporte l’afdb, les inégalités sont persistantes. A titre d’illustration, selon le dernier rapport, Madagascar a un indice « Global Gender Gap » de 0,698 (1 correspond à l’égalité entre les femmes et les hommes) et est classé 74e sur 145 pays en 2015. Néanmoins, malgré une mise en œuvre partielle de la politique nationale de promotion de la femme 2000-2015 et du Plan d’Action National Genre et Développement (PANAGED) 2004-2008, due aux différentes crises institutionnelles que le pays a connues, des progrès ont été réalisés en matière d’éducation (l’accès à l’éducation est presque à l’égalité avec un score de 0.9). La participation politique des femmes reste difficile, mais en matière de participation aux activités économiques, Madagascar est classé parmi les 10 premiers pays équilibrés (88 % des femmes par rapport à 91 % des hommes malgaches sont actives économiquement), même si ces activités sont de plus en plus dans l’informel. Le Plan National de Développement 2015-2019 de Madagascar a intégré les dimensions genre dans les thématiques prioritaires et les axes stratégiques du pays. Les couches vulnérables, surtout les femmes et les filles à Madagascar bénéficieront des investissements publics dans les secteurs sociaux que le programme entend soutenir la parité entre les femmes et les hommes est effective au niveau des enseignements primaire et secondaire.

Le pays se caractérise aussi, selon encore les données de l’afdb,  par le phénomène de sous-emploi notamment chez les jeunes et les femmes. Le chômage touche en effet plus les femmes que les hommes (respectivement 1,5 % et 1 %). En 2012, six chômeurs sur dix sont des femmes (58,5 %). Bien que par ailleurs le taux de chômage soit relativement faible (4,5 % en milieu urbain et 1,1 % en milieu rural), plus de 80 % des travailleurs ont des emplois faiblement rémunérés (bas salaires, emplois précaires, sous-emploi), tandis que plus de 400 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Le secteur informel, dont la productivité demeure faible, reste le principal pourvoyeur d’emplois faiblement rémunérés et sans sécurité sociale. En outre, la faible qualité des services en matière de fourniture d’énergie dans les centres urbains rend les acteurs de ce secteur fortement vulnérables.

La mise en œuvre des réformes du PARSE  permettra d’améliorer les conditions de vie des pauvres et des groupes vulnérables. En effet, Le PARSE entend, avoir un impact favorable sur les conditions des ménages en général, et les conditions des femmes en particulier. Le Programme appuiera les reformes structurelles visant à améliorer la fourniture de l’électricité, ce qui sera bénéfique aux groupes vulnérables qui n’ont pas assez de capacités financières pour acquérir les groupes électrogènes de secours afin d’assurer la fourniture d’électricité pendant les délestages. En bénéficiant de l’éclairage public, les femmes vont s’engager plus dans les activités génératrices de revenus, et ça allègera leurs tâches domestiques. Par ailleurs le programme va contribuer au développement des entreprises au regard du maintien des petites et moyennes entreprises et du secteur informel en activités.

Par ailleurs, et d’après l’analyse du BIT  de la situation d’emploi des jeunes selon la régularité des emplois, il est fait mention que 69,4 % des jeunes malagasy ont un travail non régulier. Ce résultat n’est pas toutefois étonnant du fait de l’importance du secteur informel dans l’économie de Madagas¬car. Les jeunes femmes sont plus touchées par cette irrégularité de l’emploi. En effet, 70 % des jeunes femmes se trouvent dans cette situation contre 68 % des jeunes hommes.

En outre,  la proportion d’inactifs non-étudiants est bien plus élevée chez les femmes. Alors que la plupart des hommes inactifs sont encore en train de suivre leur scolarité, la plupart des femmes sont soit toujours à l’école soit inactives non-étudiantes.

Pis encore, selon la même source,  sur les jeunes de 25-29 ans, le taux d’inactivité des jeunes femmes est trois fois plus élevé que celui des jeunes hommes. Cette plus forte inactivité des jeunes femmes de 25-29 ans s’explique par les aspects culturels : les femmes sont perçues comme les premières responsables de l’entretien du ménage ou encore de l’éducation de l’enfant alors que les hommes sont considérés comme étant responsables de trouver des revenus.

Recueillis par C.A

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