Supérieurs rétrogrades et baïonnettes intelligentes
Non seulement, ils sont très vieux jeux et très arriérés sur le plan de la compétence professionnelle et administrative, mais plus graves, les décideurs centraux de ce régime ne sont pas capables de suivre le rythme d’un président déjà en mode second mandat, au sein de la direction politique comme dans le cercle de réflexion du pouvoir. Ils étaient toujours les médecins après « les morts » sur le terrain, les pompiers qui arrivent quand les policiers premiers arrivés sur les lieux du crime vous disent : « circulez quand il n’y avait plus rien à voir… »
Cette dramatique et combien déplorable destruction par le feu de plusieurs villages démontre une fois de plus l’insuffisance de savoir-faire de tous. Chargés de la prévention, d’anticiper et de décider, ces responsables englués dans la paresse intellectuelle propre aux sédentaires figés dans la moule du « telopolo andro fanjava raiky» et la mentalité du « mamboly voky tsy mamboly voky » les subalternes exécuteurs en général et les donneurs d’ordre en particulier enregistrent toujours des couacs terribles qui finissent par des bavures pourtant évitables. A propos du malheur qui avait eu pour théâtre des localités perdues de la Commune Rurale d’Antsakabary, les observateurs sensés et suffisamment lucides pour constater l’évènement sans état d’âme ni parti pris, refusent d’admettre que les éléments des forces de l’ordre pointés du doigt dans cette affaire auraient agi sans des ordres venant de très haut. Ce faisant, les experts font allusion à la théorie de la baïonnette intelligente qui « est en droit pénal la condamnation de l’obéissance à un ordre manifestement illégal.» Dans nos colonnes, Soava a raison de poser la question de savoir les réalités au sein du corps de la Police Nationale à cause des retombées disciplinaires pas très clairement établies. Surtout à propos de la mesure prise à l’endroit d’un fonctionnaire absent hors du territoire national durant les faits, c’est comme si on voulait faire porter le chapeau au Directeur Général de la Police Nationale Rajaobelina Joachim afin d’étouffer dans l’œuf de l’amalgame les fautes graves commises avec la « responsabilité politique » évidente de celui qui a eu l’idée de donner l’ordre et d’envoyer en « service commandé » une équipe de 42 policiers. Ces hommes en uniforme, d’autres cagoulés étaient trop zélés pour échapper à une responsabilité pénale. La servilité pour servir la frustration d’une très haute personnalité oblige ! Soucieux de montrer à des apprentis rebelles de quoi il était capable, lui le chef, le number one à l’échelon gouvernemental, le feu vert a été donné et la suite, nous le savons tous le feu a détruit des villages. Les habitants des d’Ambodifinisy, d’Ambalamanga, d’Ambinanindrano, d’Ambohitraivo (village natal du chanteur Din Rotsaka) et des hameaux environnants ont subi les violences et brimades allant jusqu’à l’incendie des habitations de ces derniers.
Les documents vidéos très révélateurs, diffusés hier par la chaîne télé Viva, témoignaient de la cruauté et du caractère inhumain de la mission assignée à fonctionnaires qui, au lieu d’assurer la protection des biens et des personnes se sont abaissés à devenir la honte d’un corps prestigieux. Quoi qu’en disent les protecteurs de l’ex-ministre Anandra Norbert, force est reconnaître que le pays est maintenant confronté aux conséquences du laxisme d’un Premier ministre qui n’a pas su devancer les évènements en larguant à temps un membre de son gouvernement « malade et au penchant notoire à la soulographie ». Les policiers sont devenus les boucs émissaires dans l’accomplissement d’une réaction caractérielle d’un personnage qui n’admettait pas du tout, que dans un territoire qu’il considérait comme son propre fief, des simples administrés osent agir comme ils ont fait devant l’arbitraire (une monnaie courante dans les endroits reculés de ce pays). L’attitude de la population qui avait tué 2 policiers, il faut bien l’admettre. C’est ce qui arrive quand les simples citoyens ne savent plus à qui se fier parce que tout le système est pourri. Qui en doute encore ? Reconnaissons également que la riposte n’était pas proportionnelle à l’attaque, surtout vis-à-vis de paysans même pas concernés parce qu’ils habitaient loin du lieu du crime. Une commission d’enquête est dépêchée sur place. Lors des interrogations multiples sur les mystères de l’assassinat du président Kennedy, à propos de la Commission Warren chargée d’apporter des éclaircissements sur ce véritable complot, qui a dit déjà : « la création d’une commission est la méthode légale pour enterrer la vérité… » ? Entre le principe du respect de l’instruction et la trouille des témoins qui craignent les représailles à l’endroit de ceux savent trop de faits qu’on n’aimerait pas rendre publics ou être mentionnés dans un rapport officiel, il n’y a pas de place pour la réalité des faits. Le public et le pays aura droit finalement à l’éternelle formule déformée de la « Vérité mais rien de la vérité… » Seules quelques miettes d’indiscrétion difficilement prouvables nous révèlerons comme durant le procès sur la mort de Ratsimandrava « le vrai coupable n’est pas dans la salle… » Sous le sceau de l’anonymat avec de fortes recommandations sur la protection de la source, on racontera aussi « qu’après échanges de propos assez durs en haut-lieu, il y avait prises de bec et possibilité d’envoyer en ambassade en exil doré … ». L’incident se terminera finalement par le traditionnel consensus qui consiste à se tenir par la barbichette pour ne pas descendre en-dessous de la ceinture. Puis finalement tout rentrera dans l’ordre établi par les princes qui nous dirigent. Et c’est tant pis pour les canards boiteux envoyés en service commandés et les malheureuses victimes d’une véritable expédition punitive de la commune d’Antsakabary. Ils étaient sanctionnés pour s’être trouvés aux mauvais endroits au mauvais moment. Le ministre de la Sécurité Publique n’a fait qu’obéir, parce que selon l’histoire politique contemporaine de la France, quelqu’un aurait dit ceci : « Un ministre, ça ferme sa gueule, si ça veut l’ouvrir, ça démissionne. » En toute honnêteté, après cet abominable lynchage programmé de l’intérieur du pouvoir, même si personne ne veut ouvrir sa gueule, à commencer par le président de la République et le Premier ministre doivent démissionner. Ce qui s’est passé dans la région est un crime contre l’humanité « touchant aux droits fondamentaux d’un être-humain et puni au niveau international. Il peut être d’origine politique, philosophique, racial ou religieuse… » Comme les éléments constitutifs sont d’une flagrante réalité, il serait plus sage qu’ils choisissent la porte de sortie des artistes au lieu d’attendre le châtiment de tout un peuple. Eventualité qui ne tardera point lors de la prochaine élection présidentielle.