Aides étrangères : une lame à double tranchant ?

Il n’y a pas que les crises gouvernementales à répétition qui constituent un risque systématique majeur pour la population  malgache, mais aussi la dépendance à la communauté internationale. Les crises ne font qu’aggraver notre situation qui était précaire, mais les impositions et les contraintes venant des partenaires techniques et financiers (PTF) ne font que l’empirer. A titre d’illustration, face au cyclone qui a frappé fort le Nord, ce sont les organisations internationales ont mis le voile en premier pour une intervention d’urgence. En effet, la communauté internationale chouchoute, voire encourage notre gouvernement à croiser les bras, sans rien faire comme ils font d’habitude. Autrement dit, on comprend le concept que toute chose a sa contrepartie… Nos dirigeants signent des accords voire des contrats, sans savoir mettre en exergue les priorités pour le pays, aligner au plan national. Une perspective réaliste s’avère nécessaire pour ne pas subir de pression, voire de vision imposée venant de la communauté internationale. C’est ce qui est en manque à l’heure actuelle. L’on constate qu’on n’aboutit vraiment à rien sans les bailleurs de fonds, les investisseurs. Et même pour réaliser les actions simples, on entend souvent dire que l’attente ou l’approbation de la communauté internationale est importante et décisive pour le projet. Le néocolonialisme, la dépendance persistent. Du côté des crises, ils ont des répercussions sur le budget de l’Etat et sur le secteur public qui a vécu un ajustement sévère en raison de la baisse des revenus domestiques. S’ajoute à cela, l’accès aux services sociaux de base a été considérablement réduit, se traduisant par une dégradation des indicateurs sociaux. Sans mentionner, l’augmentation du nombre d’enfants non scolarisés ainsi que la persistance de la malnutrition aigüe. Entre autres, la recrudescence de l’insécurité, la mauvaise gouvernance de l’exploitation des ressources naturelles, les progrès limités dans la lutte contre corruption, la faible transparence dans la gestion des ressources publiques…

Malalanirina