CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: La volaille avec un œuf de caïman dans sa couvée

Ironie du sort ou tout simplement inconscience, manque de prudence et à la fois amateurisme de tout un système étatique qui  a fait le mauvais choix de se fier à un chef de gouvernement qui avait tous les défauts imaginables pour ne pas devenir le locataire de Mahazoarivo.  Ceux qui ont eu l’occasion de le connaître avant qu’il devienne Premier ministre, à la  place du  général Jean Ravelonarivo, bon nombre n’ont pas gardé un souvenir très élogieux de celui qui était un véritable caméléon de la politique politicienne arriviste dans le sens le plus haïssable. 

Le sénateur Olivier et le parti MFM ont déjà eu l’occasion d’apprécier ces talents par le passé. Avant d’être qualifié de «le petit caïman » que le parti HVM et son fondateur  avaient eu le malheur de le prendre sous son aile parmi sa couvée, Mahafaly Olivier  était le transfuge d’une Eglise chrétienne à l’autre. Etait-il d’une instabilité religieuse cupide ou bien pour lui la Foi était liée au culte du Veau d’Or. Il butinait d’une formation politique à l’autre avec le dilettantisme, l’aplomb, le sans-gêne et l’opportuniste d’un homme, pour qui l’argent permet tout. Des personnes témoins de certaines médiations douteuses et obscures ne cachent rien du secret de sa fulgurante ascension au sein du régime. De son département installé au sein de l’immeuble Patte d’éléphant avant d’arriver au Palais de Mahazoarivo,  il y a des choses à dire, mais le député (grande gueule et fanfaron), par  l’entremise duquel il est arrivé à ses fins ne se hasardera jamais à dénoncer  par des révélations des faits de corruption.  Disons seulement, comme dans une chanson de Percy Sledge : «  Behind a great man there is a woman. » Mais pour l’ethnie Tsimihety rangée derrière le général Mamizara « la vindicte policière » ne faisait plus aucun doute. Au sein de la Police Nationale, les langues commencent à se délier et c’est presque du délire. Surtout lorsqu’on apprend dans les rédactions que le DG de la police limogé dans la foulée à la suite et pour justifier ces vrais-faux  démentis officiel de la hiérarchie était en mission en

« RDC » au moment de l’expédition punitive de la Commune d’Antsaka-bary. Et que surtout les collègues de l’ex-ministre Anandra Norbert furent indignés parce qu’ils savent tous que ce dernier était comme le « cocu » des blagues salées, il aurait été le dernier à apprendre qu’on s’est servi du personnel de son ministère sans l’en aviser auparavant. Quoi qu’il en soit, le mal est fait et l’attitude du Chef d’Etat en prenant un décret d’abrogation en conseil de ministre était une sage réaction d’un responsable étatique. Aux yeux de tous les Malgaches et de l’opinion internationale, il fallait faire sauter un fusible.

L’affaire telle que l’avait traitée  l’Emission Spéciale sur cette Ouradour des îles en temps de paix, est inévitablement du ressort d’une juridiction pénale à cause des faits constatés et de l’intention coupable du « donneur d’ordre ». Les indiscrétions et fuites en provenance des policiers affirment  qu’il ne s’agirait point du ministre ayant autorité sur la Police Nationale, mais d’une personnalité qui serait au-dessus de lui. En procédant par élimination (le président de la République et le ministre d’Etat Narison Rafidimanana logiquement n’avaient  rien à voir avec une querelle de deux individus qui a mal fini par la mort de deux policiers), il ne reste plus dans la nasse qu’un Premier ministre au zèle très excessif. Pour s’en convaincre, il suffit de revoir le dossier de l’affaire de gros sous de l’octroi des marchés pour la Commune d’Ambohimahamasina, les suspicions sur sa responsabilité restent et demeurent encore accablantes même si les dossiers de l’Inspection Générale de l’Etat seraient gelés sous les coudes de quelques complices solidaires  dans le pillage des deniers de l’Etat… Qu’une autorité locale de Befandriana-Nord ait pu solliciter l’appui de Mahazoarivo après la  mort des 2 policiers manipulés également si l’on tient compte des réactions de la magistrature sur place, on ne peut que déduire que l’ « accomplissement d’un acte quel qu’il soit facilite la répétition ». Notre intention n’est pas de jeter de l’huile sur le feu que le Premier ministre avait allumé par personne interposée sans peut-être vouloir en arriver jusqu’à ces représailles terribles. Toutefois, au nom du principe  qui veut que toute infraction pénale mérite une sanction pénale, il n’y a lieu de faire bénéficier de l’impunité à qui que ce soit, quelque soit la place qu’il occupe dans le système étatique. Si déjà, il n’envisage pas la démission, rien n’empêche le président de la 4ème République de prendre lui-même les mesures qui s’imposent. II y a urgence parce qu‘il ne faut pas laisser pourrir une pareille situation. Que l’on traite cette chronique d’élucubration farfelue ne nous fait ni chaud, ni froid, Soit ! Sa lecture vous indispose, tournez la page et lisez autre chose. L’essentiel pour nous est de porter à la connaissance du public les vilainies que certains tentent de taire et de soustraire à la connaissance du public, au nom de solidarité des protecteurs des malfaiteurs.